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Trump signe finalement la loi évitant le "shutdown"

Donald Trump avait menacé de mettre son véto à la loi de finances.

Donald Trump avait menacé de mettre son véto à la loi de finances. - Fabrice Coffrini - AFP

Après avoir menacé d'y mettre son véto, le président américain a signé la loi de finance adoptée par le Congrès.

Le président américain Donald Trump a annoncé ce vendredi qu'il avait finalement ratifié la loi de finances adoptée dans la nuit par le Congrès, quelques heures après voir menacé d'y mettre son veto.

"Je vais signer le projet de loi" même s'il contient "beaucoup de choses dont je ne suis pas content", a-t-il affirmé lors d'une déclaration à la Maison Blanche, au sujet du texte âprement négocié et qui doit financer l'État fédéral jusqu'à la fin de l'année budgétaire en cours, soit jusqu'au 30 septembre.

Il avait surpris toute la classe politique le matin-même en menaçant, d'un tweet, de mettre son veto à la loi adoptée dans la nuit précédente par le Congrès, à majorité républicaine... et entretenu le suspense jusqu'à son intervention devant la presse.

La menace de veto était en contradiction totale avec la position annoncée la veille par son propre directeur du Bugdet, qui avait assuré la main sur le coeur que le président signerait le texte, malgré ses défauts.

Chaos à la Maison Blanche

Ce va-et-vient est venu renforcer encore l'impression de chaos régnant à la Maison Blanche. "Les Américains ont besoin de leadership à la Maison Blanche, pas de plus de chaos délibéré", a répondu le sénateur démocrate Richard Blumenthal sur Twitter.

Jeudi, la valse des postes s'est poursuivie au sein de l'équipe rapprochée du locataire de la Maison Blanche avec le limogeage du conseiller à la sécurité nationale, le général H.R. McMaster, et son remplacement par le "faucon" et analyste de Fox News John Bolton.

En promulguant la loi, Donald Trump assure que l'État fédéral ne fermera pas vendredi à minuit, ce qui aurait été la troisième fermeture depuis le début de l'année.

Le prétexte pour le veto était l'absence de compromis sur l'immigration et la sécurité à la frontière dans la loi, et notamment le fait que le Congrès n'a pas approuvé les crédits importants qu'il réclamait pour ériger un long mur en béton à la frontière mexicaine.

"J'envisage un VETO de la loi de dépenses en raison du fait que les plus de 800.000 bénéficiaires de DACA ont été complètement abandonnés par les démocrates (même pas cités dans la loi) et que le MUR FRONTALIER, dont nous avons désespérément besoin pour notre défense nationale n'est pas totalement financé", avait tweeté le dirigeant.

Daca est un programme de permis de séjour temporaires pour de jeunes clandestins, créé par Barack Obama et supprimé en septembre dernier par l'actuel président, qui avait mis au défi le Congrès de voter une réforme migratoire à la place. Mais majorité et opposition n'ont jamais pu trouver un terrain d'entente.

L'annonce avait d'autant plus surpris que la plupart des élus ont quitté la capitale fédérale jeudi soir ou s'apprêtaient à le faire vendredi matin, pour deux semaines de congés.

Pas de financement pour le mur à la frontière mexicaine

La loi de finances en question a été négociée pendant des semaines par la majorité républicaine et l'opposition démocrate, dans la douleur, chaque camp ayant dû céder sur la plupart de ses revendications.

D'un montant de près de 1.300 milliards, dont 700 pour la seule Défense, elle doit financer l'État fédéral jusqu'à la fin de l'année budgétaire en cours, soit jusqu'au 30 septembre.

Le milliardaire, les républicains et les démocrates (qui disposent d'une minorité de blocage au Sénat) ont longtemps tenté de trouver un compromis pour régulariser des centaines de milliers de jeunes clandestins, en échange de réformes migratoires et du financement de la construction du haut mur en béton promis par Donald Trump à la frontière mexicaine. Mais leurs positions sont restées inconciliables.

In fine, le dirigeant n'a obtenu que 1,6 milliard pour construire des clôtures ou en rénover quelques dizaines de kilomètres, loin des 25 milliards qu'il avait un temps réclamés. Et les négociateurs démocrates n'ont rien décroché pour les "Dreamers", les rêveurs, comme sont appelés les clandestins arrivés enfants aux États-Unis.

Des dizaines de républicains conservateurs avaient voté contre la loi pour d'autres raisons, pour protester contre la hausse importante des dépenses publiques. Le groupe des élus du Freedom Caucus avait d'ailleurs encouragé le président à mettre son veto afin de précipiter une réécriture de la loi.

Y.D. avec AFP