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Theresa May a-t-elle un mari gênant?

Theresa May veut lutter contre l'optimisation fiscale des géants américains. Philip, son mari, travaille pour un fonds californien qui possède des milliards d'actifs d'Amazon et de Starbucks.

Theresa May veut lutter contre l'optimisation fiscale des géants américains. Philip, son mari, travaille pour un fonds californien qui possède des milliards d'actifs d'Amazon et de Starbucks. - Chris Radcliff - AFP

Un sujet risque de troubler le couple du Premier ministre britannique. Theresa May veut lutter contre l’optimisation fiscale des géants américains alors que Philip, son époux, travaille pour un fonds californien qui possède des milliards d’actifs chez Amazon et Starbucks.

À peine nommée pour succéder à David Cameron, Theresa May a annoncé son intention de prendre à bras le corps les dossiers sur l’optimisation fiscale des grandes entreprises américaines. Cette nouvelle Dame de fer compte aller jusqu’au bout pour récupérer jusqu’au moindre penny.

Son mari, Philip May, n’est lui pas connu du public. Ceux qui le connaissent disent que c'est un homme très discret. C’est un financier qui travaille depuis 2005 pour The Capital Group, un fonds californien qui gère 1.400 milliards de dollars d’actifs. Jusque là, pas de quoi fouetter un chat, si ce n’est que ce portefeuille contient des millions d’actions d’Amazon et de Starbucks, deux entreprises dont la réputation fiscale est tendue en Europe.

Cette relation est scrutée de près par la presse britannique, et déjà, le compte LinkedIn de Philip May n’est plus accessible. Son nom n’apparaît pas sur le site du groupe financier. Un porte-parole de Capital Group a pris contact avec le quotidien The Independent pour préciser le rôle de Philip May dans l’entreprise. "Philip est un gestionnaire de relation client qui travaille avec les organisations et les institutions britanniques", a indiqué Capital Group en précisant qu’il "ne participe pas à nos activités de recherches d’investissement et de gestion de portefeuille."

Philip May, lobbyiste des entreprises américaines?

Le quotidien n’évoque pas de conflits d’intérêts et reconnaît qu’il ne sait pas si Theresa May est au courant que le groupe qui emploie son mari est l’un des plus importants investisseurs d’Amazon. Il signale néanmoins qu’à travers différentes filiales (Capital World Investors et Capital Research Global), il possède 32 millions d’actions Amazon d’une valeur d’environ 20 milliards de dollars, ainsi que pour deux milliards de dollars chez Starbucks. Capital Group gère également des actifs de JP Morgan (7 milliards de dollars), de Philip Morris (9 milliards) et de McDonald's (5 milliards).

Cette relation va-t-elle adoucir la nouvelle Dame de fer dans son intention de s’attaquer à la fiscalité? Il semblerait que non. Mardi, alors que la presse britannique évoquait la carrière professionnelle de son mari, Theresa May a clairement donné sa vision des choses. "L’impôt est le prix à payer pour vivre dans une société civilisée . [...] Je me moque qu’il s’agisse d’Amazon, de Google ou de Starbucks, tout le monde doit s’acquitter de ses devoirs. C’est une responsabilité envers nos concitoyens".

Pascal Samama