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Tafta: l'arrêt des négociations est "l'option la plus probable", selon Matthias Fekl

Matthias Fekl a critiqué "l'état d'esprit des États-Unis".

Matthias Fekl a critiqué "l'état d'esprit des États-Unis". - Nicolas Tucat - AFP

"Le secrétaire d'État au Commerce extérieur a vivement critiqué "l'état d'esprit" des États-Unis lors des négociations sur le traité transatlantique de libre-échange. Et envisage désormais sérieusement l'arrêt des discussions. "

La France continue de mettre la pression sur les négociateurs du Tafta (ou TTIP, ou traité transatlantique). Matthias Fekl, a de nouveau élevé la voix mardi 3 mai, assurant que l'arrêt des négociations était aujourd'hui fortement envisageable. 

"Au vu de l'état d'esprit aujourd'hui des États-Unis, cela semble l'option la plus probable", a ainsi affirmé le secrétaire d'État au Commerce extérieur, Europe 1. Une déclaration qui intervient au lendemain de la publication par Greenpeace de 248 pages de documents prouvant, aux yeux de l'ONG, l'étendue des conséquences néfastes sur la santé et l'environnement.

"Je dénonce depuis un an l'attitude (des États-Unis)", a-t-il insisté. "Nous voulons de la réciprocité. L'Europe propose beaucoup et elle reçoit très peu en échange. Ce n'est pas acceptable". 

"C'est un accord qui, tel qu'il serait aujourd'hui, serait un mauvais accord", a-t-il insisté, assurant avoir été "le seul membre d'un gouvernement (européen) à tirer la sonnette d'alarme dès 2015".

"Le commerce n'est pas un but en soi"

Matthias Fekl a d'ailleurs laissé entendre que Paris ne se laisserait pas imposer un traité contre sa volonté. "Il ne peut pas y avoir d'accord sans la France, et encore moins contre la France", a-t-il martelé.

Il a énuméré certaines conditions pour trouver un terrain d'entente avec Washington. "Nous souhaitons que nos PME aient accès au marché américain. Nous souhaitons défendre l'agriculture, les indications géographiques", a-t-il expliqué.

Le secrétaire d'État a également exigé le respect des normes environnementales. "Cela n'aurait aucun sens d'avoir fait la (conférence mondiale sur les changements climatiques, ndlr) Cop 21 en décembre à Paris, ce superbe accord pour l'environnement, et de signer quelques mois après un accord qui viendrait le détricoter", a-t-il affirmé.

"Le commerce n'est pas un but en soi, c'est un outil", a-t-il martelé. Quant au principe de précaution, défendu par les Européens, Matthias Fekl s'est déclaré convaincu que "les Américains ne veulent pas en entendre parler. Nous en sommes là dans des négociations qui sont totalement bloquées", a-t-il ajouté.

Y.D. avec AFP