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Spécial Davos: les décideurs économiques évoquent leurs enjeux européens

Joaquin Almunia (à gauche), au micro de Benaouda Abdeddaïm, est prêt pour un grand marché européen des télécoms

Joaquin Almunia (à gauche), au micro de Benaouda Abdeddaïm, est prêt pour un grand marché européen des télécoms - -

Quatre grands noms de l’économie mondiale ont été interviewés par BFM Business, ce jeudi 24 janvier, au forum économique mondial de Davos.Tous ont discuté des différents dossiers européens les concernant.

BFM Business avait réservé un Grand Journal spécial, ce jeudi 24 janvier, pour interviewer quatre des grands décideurs économiques mondiaux présents au forum économique de Davos, qui s’achèvera le 27 janvier. Tous ont évoqué l'Europe.

> Joaquin Almunia, commissaire européen en charge de la concurrence, s’est prononcé sur un vaste chantier : le marché européen des télécoms. Il est ainsi prêt "à éliminer les barrières et construire un vrai marché unique des télécommunications en Europe. Ce sera la façon de créer une base qui permettra aux grands opérateurs d'être au moins aussi compétitifs que les grands opérateurs américains".

Il indique donc être favorable à la création de "grands opérateur européens" mais à condition que le marché soit "vraiment européen" et que "les frontières ne soient pas maintenues".

> Luc Oursel, président du directoire d’Areva, a jugé que, pour renforcer le marché unique européen au niveau de l’énergie, "la priorité est de redonner un cadre favorable aux investissements nécessaires pour adapter notre production d’électricité".

Parmi ces investissements, il cite notamment "la nécessité de recréer un outil de production d’électricité qui ne produit pas de Co2".

"Ces dernières années, la politique européenne dans le domaine de l’électricité a surtout consisté à de la dérégulation, avec un recours massif aux énergies renouvelables, sans se préoccuper des problèmes de coûts", estime-t-il.

> Fabrice Brégier, président exécutif d’Airbus, a réagi aux déclarations de David Cameron qui souhaite réformer l’Union européenne et compte consulter par référendum les Britanniques sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Europe, d'ici à 2017. Un sujet qui concerne tout particulièrement la filiale d'EADS qui a tenté de fusionner avec le groupe britannique BAE Systems, lors de l'automne dernier.

"Airbus compte 10 000 salariés au Royaume-Uni. Nous sommes donc français, allemand, mais aussi très britannique, et avons d’ailleurs un bon soutien de David Cameron. Le problème qu’il pose actuellement est politique. Pour ce qui concerne Airbus, évidemment, nous souhaiterions une Europe intégrée qui marche. Mais nous saurons nous adapter à toutes les situations car notre marché est mondial".

> Maurice Lévy, président du directoire de Publicis, estime "fâcheuse" "la baisse de l’ordre de 0,5 points du marché de la publicité en Europe" qu’anticipe son entreprise. "J’espère que nous allons trouver des solutions", explique-t-il, rappelant que "la publicité est le premier poste d’un compte d’exploitation qui est touché lorsque la situation est difficile". Il indique néanmoins tabler sur une année 2013 globalement meilleure que 2012, pour son groupe.

Julien Marion