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Poutine: "Nous avons besoin d'une paix commerciale"

Le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine.

Le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine. - Grigory Dukor / Pool / AFP

Le président russe a estimé que le retour du protectionnisme et des sanctions commerciales forment le terreau d'une "crise systémique telle que le monde n'a jamais connue".

Le président russe Vladimir Poutine a appelé vendredi le monde à œuvrer à une nouvelle "paix commerciale" pour enrayer la "spirale" des atteintes de plus en plus fréquentes à la liberté des échanges qui créent le risque d'une "crise systémique" inédite.

"Aujourd'hui, nous n'avons pas besoin de guerres commerciales, et même pas de trêves commerciales, mais d'une paix commerciale", a déclaré Vladimir Poutine lors d'un discours devant des investisseurs au Forum économique international de Saint-Pétersbourg, dans le nord-ouest de la Russie.

Le discours annuel du président russe lors du principal rendez-vous des affaires russes a été dominé par un constat alarmiste sur le commerce mondial, dans un contexte où la Russie est visée par des sanctions occidentales de plus en plus dures mais aussi où l'administration de Donald Trump remet en cause certains accords de libre-échange et introduit des barrières commerciales.

"Les infractions aux règles deviennent la règle", a résumé Vladimir Poutine.

Poutine défend l'OMC

"Une spirale de sanctions et restrictions est lancée (...) et frappe de plus en plus de pays et d'entreprises, y compris ceux qui étaient persuadés qu'un tel régime de limitations commerciales ne serait jamais employé contre eux", a-t-il ajouté, sans jamais nommer de pays concret. "Cet ensemble de facteurs est capable de nous conduire à une crise systémique telle que le monde n'a jamais connue".

Le maître du Kremlin, au pouvoir depuis bientôt 19 ans et tout juste réinvesti pour un quatrième mandat, a fustigé l'"égoïsme économique" et "une nouvelle forme de protectionnisme" qui consiste à utiliser "des prétextes imaginés justifiés par des intérêts de sécurité nationale (...) pour peser sur ses concurrents et extorquer des concessions".

Il a estimé que le monde devait "mettre en place ensemble un mécanisme légitime" pour se débarrasser des "normes archaïques" et "créer de nouveaux instruments répondant aux exigences de notre époque": "On ne peut pas créer de futur décent tout seul".

Il a défendu l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à laquelle la Russie a adhéré en 2012 après de longues et difficiles négociations, la jugeant "pas idéale" mais la qualifiant "de maillon essentiel du système commercial mondial".

J.-C.C. avec AFP