BFM Business

Cinq chiffres pour mieux comprendre l'économie russe

Vladimir Poutine devrait, sauf surprise, effectuer un quatrième mandat à la tête de la Russie.

Vladimir Poutine devrait, sauf surprise, effectuer un quatrième mandat à la tête de la Russie. - Yuri Kadobnov - AFP

Alors que Vladimir Poutine a remporté très largement l'élection présidentielle russe dimanche, focus sur une économie affaiblie, mais qui retrouve quelques couleurs.

Sans surprise, Vladimir Poutine a remporté haut la main l'élection présidentielle russe dimanche, avec 76% des voix selon les résultats partiels. L'ex-officier du KGB va entamer un quatrième mandat, dans un contexte de tension croissante avec les pays occidentaux. Arrivé au pouvoir en 2000, le dirigeant désormais âgé de 65 ans a d’abord nettement redressé l’économie du pays, en grandes difficultés à la suite de la chute de l’URSS en 1991, et de la gestion parfois hasardeuse de Boris Eltsine. Entre 1990 et 1998, lorsque la Chine connaissait une croissance de 10% chaque année, la Russie voyait ainsi dans le même temps son PIB chuter de 7,5% en moyenne.

La manne pétrolière et gazière du pays a largement contribué au redressement, notamment grâce à la flambée des prix des matières premières dans les années 2000. En 2007, le PIB avait ainsi retrouvé son niveau de 1990. En 2015, le taux de pauvreté (moins de 4,50 euros par jour) atteignait 2,7% de la population, contre 32,1% en 2000, selon la Banque mondiale.

La Russie est en effet l’un des pays développés les plus inégalitaires : selon une étude du Crédit Suisse, 10% de la population détient actuellement 77% des richesses, soit à peu près le même ratio qu’aux États-Unis.

Faible dette publique

Aujourd’hui, l’économie russe, affaiblie par la chute des cours du pétrole et dans une moindre mesure par les sanctions occidentales, apparaît moribonde. La croissance a péniblement atteint 1,5% en 2017 (2,5% pour la zone euro), après -0,2% en 2016 et -2,8% en 2015. La dépendance aux hydrocarbures reste également un problème majeur, même si le Kremlin tente de diversifier au maximum ses ressources. Et malgré de nombreuses mesures incitatives, la démographie russe reste faible: avec 164,9 millions d’habitants, le pays en compte 5 millions de moins qu’en 1991.

Le tableau n’est toutefois pas si noir, en témoigne la bonne santé de certains secteurs comme l’agriculture. Le taux de chômage atteint 5,1% (contre 8,9% en France) et la dette publique seulement 15,6% du PIB (96,5% pour la France). La hausse des prix semble s’être stabilisée : 3,8% en 2017 contre 15,5% en 2015. Le secteur bancaire, frappé de plein fouet par la crise de 2008, et exposé du fait de la multitude d’établissements existants, est également en passe d’être restructuré.

S’il est difficile d’établir un panorama exhaustif de l’économie russe, voici cinq chiffres à retenir :

Yann Duvert, Emeline Gaube