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Mercosur: le Venezuela n'accepte pas sa mise à l'écart

Le Venezuela est en pleine tourmente.

Le Venezuela est en pleine tourmente. - Juan Barreto - AFP

L'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay ont décidé de suspendre le Venezuela du marché commun du Sud. Ils estiment que le pays n'a pas respecté la charte. Une décision que ne reconnaît pas le pays.

Les quatre pays fondateurs du Mercosur ont suspendu le Venezuela du bloc sud-américain pour non-respect de la charte du marché commun. L'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay ont adressé au Venezuela un "courrier" lui notifiant que ses droits au sein du Mercosur étaient "suspendus", a déclaré une source au sein du gouvernement brésilien.

Une décision que ne reconnaît pas le pays. "Le Venezuela ne reconnaît pas cette décision" venue de "fonctionnaires qui détruisent le Mercosur", a affirmé la ministre vénézuélienne des Affaires étrangères, Delcy Rodríguez, sur son compte Twitter.

"Ses droits sont suspendus"

Cette mesure intervient à l'expiration de l'ultimatum de trois mois lancé en septembre aux autorités de Caracas pour qu'elles adaptent leur législation à la charte du marché commun sud-américain. Les ministres des Affaires étrangères des quatre pays fondateurs ont "rédigé des rapports concluant que le Venezuela n'a pas respecté ses engagements", a expliqué cette source. "Par conséquent, ils lui ont adressé un courrier lui notifiant que ses droits sont suspendus".

Le Mercosur n'a pas encore annoncé officiellement sa décision, probablement parce qu'elle n'a "pas encore été" reçue formellement par Caracas.

La suspension du Venezuela du Mercosur était dans l'air depuis que les quatre pays fondateurs avaient bloqué en septembre l'accès de Caracas à la présidence semestrielle du bloc sud-américain. Ces pays avaient alors décidé d'assumer collégialement cette présidence tournante. Ils avaient exhorté le président vénézuélien Nicolas Maduro à se conformer, avant décembre, à toutes les règles d'adhésion au Mercosur, comme la libre circulation des marchandises et la "clause démocratique". La suspension du Venezuela "est une décision naturelle qui était attendue", a ajouté la source interrogée par l'AFP.

Agression et hostilité

"Quand un pays signe un accord international, il doit se plier à la législation interne ou formuler des réserves, et le Venezuela n'a pas exprimé de réserves", avait anticipé le 21 novembre le ministre paraguayen des Affaires étrangères, Eladio Loizaga.

La ministre vénézuélienne des Affaires étrangères, Delcy Rodriguez, avait pourtant indiqué mardi dans une lettre à ses homologues que Caracas était prête à adhérer à l'un des accords commerciaux en attente, relatif aux barrières douanières communes et à la libre circulation des biens. "Nous n'en sortons pas et on ne nous en sort pas", avait-elle commenté, lançant "un appel aux peuples des capitales du Mercosur à défendre le Venezuela, parce que cela veut dire défendre les plus grands idéaux d'intégration, d'union et de coopération".

Sur Twitter, jeudi soir, la même ministre a dénoncé "l'agression et l'hostilité" ainsi manifestée contre son gouvernement et son pays: "Nous demandons aux pays qui fragilisent le Mercosur qu'ils s'abstiennent de quelque mesure que ce soit contre notre pays".

Le ministère vénézuélien des Affaires étrangères a annoncé une conférence de presse ce vendredi, sans préciser si le thème des débats serait cette suspension du Mercosur.

Le Venezuela, en pleine crise politique et économique, a perdu un à un ses alliés au sein du Mercosur et se trouve désormais isolé. Il avait intégré le Mercosur sous la présidence d'Hugo Chavez en 2012, alors que le Brésil, l'Argentine et l'Uruguay étaient gouvernés par des alliés. La suspension du Venezuela n'aura aucune conséquence sur les négociations laborieuses entre le Mercosur et l'Union européenne en vue d'un accord commercial, car Caracas ne faisait pas partie de cet accord et ne participait pas aux négociations.

D. L. avec AFP