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Les pauvres auront la vie plus douce… en 2030

Bill et Melinda Gates font le pari que la technologie va améliorer le quotidien des pauvres plus qu'il ne l'a jamais été dans les quinze ans à venir.

Bill et Melinda Gates font le pari que la technologie va améliorer le quotidien des pauvres plus qu'il ne l'a jamais été dans les quinze ans à venir. - SCOTT OLSON - AFP

Bill et Melinda Gates, les milliardaires qui ont créé une fondation à but philanthropique, prévoient une vie meilleure pour les pauvres en 2030.

Si vous êtes pauvre, prenez patience, vos conditions de vie vont s'améliorer dans une quinzaine d'années. A en croire le milliardaire Bill Gates, fondateur de Microsoft, et sa femme Melinda, le sort des plus précaires va s'améliorer davantage d'ici à 2030 qu'à aucune autre période de l'Histoire.

Dans leur lettre annuelle, publiée jeudi 22 janvier, les deux philanthropes, dont la fondation à leur nom fait partie des plus puissantes du monde, tablent en particulier sur la technologie numérique pour tirer de la misère plusieurs milliards de personnes d'ici à 2030. C'est là leur "grand pari", explique Melinda Gates.

Le mobile et internet pour améliorer le quotidien

Les progrès les plus marquants sont attendus dans la santé, mais aussi dans l'agriculture, les services financiers utilisant la téléphonie mobile et les usages éducatifs d'internet. C'est dans ces domaines que la Fondation Gates veut continuer d'investir massivement. Selon ses prévisions, la mortalité infantile devrait baisser de moitié et la polio être éradiquée tandis que le paludisme - qui tue plus de 600.000 personnes par an dans le monde - reculera grâce aux vaccins et à un traitement à dose unique.

L'Afrique pourra atteindre la sécurité alimentaire d'ici à 2030 grâce à de nouvelles semences, affirme la lettre annuelle des Gates, qui est publiée depuis 2009. "Sept adultes sur 10 en Afrique sont des agriculteurs. Quand ils bénéficieront de nouvelles semences résistantes à la sécheresse et même si le climat se modifie ils pourront rendre leurs champs plus productifs", explique Melinda Gates. "Ils pourront donc à la fois nourrir leurs familles et commercialiser leurs récoltes".

Les transactions bancaires à l'aide d'un téléphone portable sont déjà répandues au Kenya mais la Fondation s'efforce de les développer à destination des plus pauvres en Tanzanie, en Inde, au Bangladesh, aux Philippines et en Ouganda. Les Gates voient aussi des opportunités pour vaincre la pauvreté en se servant de programmes éducatifs en ligne et de logiciels adaptés pour aider enseignants et élèves.

Une poignée de pays continueront d'être à la peine

Cet optimisme contraste avec le constat des agences humanitaires qui notent que le nombre des réfugiés et de personnes déplacées par les conflits et les catastrophes n'a jamais été aussi grand. La lettre annuelle reconnaît "qu'il ne faut pas perdre de vue qu'une poignée parmi les pays les plus défavorisés continueront d'être à la peine". Mais Melinda Gates dit puiser son optimisme dans des années de déplacements sur le terrain en Afrique et en Asie et dans sa conviction que la science et la technologie peuvent améliorer les choses.

"Pour Bill et moi-même, les statistiques mondiales montrent à l'évidence des progrès", explique-t-elle. "Nous voyons la mortalité infantile reculer et il suffit de voyager pour s'en rendre compte". Elle donne en exemple la Tanzanie, où elle s'est rendue à plusieurs reprises et qui est devenue selon elle un pays "totalement" différent en dix ans.

Présente dans une centaine de pays, la Fondation a déjà versé plus de 42 milliards de dollars pour financer des projets et des innovations, mais selon Melinda Gates, elle s'efforce désormais d'influer sur les politiques au niveau gouvernemental. Dans la lutte contre la pauvreté, explique-t-elle, les ONG peuvent montrer la voie mais "seuls les gouvernements peuvent travailler sur une grande échelle".

N.G. avec AFP