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Les États-Unis durcissent leurs sanctions contre le Venezuela

Donald Trump veut isoler un peu plus le Venezuela.

Donald Trump veut isoler un peu plus le Venezuela. - Saul Loeb - AFP

Au lendemain de la réélection de Nicolas Maduro, Donald Trump a infligé de nouvelles sanctions à Caracas afin de l'isoler un peu plus sur la scène internationale.

Les États-Unis ont infligé lundi de nouvelles sanctions financières au Venezuela, au lendemain de la réélection du président socialiste Nicolas Maduro jusqu'en 2025. 

Donald Trump a ainsi signé un décret, dont la portée était dans un premier temps difficile à évaluer, visant à réduire la capacité du régime de Caracas à vendre ses actifs. Son vice-président, Mike Pence, a lui qualifié le scrutin de "farce".

En revanche, le président russe Vladimir Poutine a félicité Nicolas Maduro, lui souhaitant "une bonne santé et le succès dans la résolution des défis sociaux et économiques auxquels fait face le pays". Cuba a également applaudi la "large victoire" du dirigeant vénézuélien, l'assurant de son soutien.

Lors d'un scrutin polémique et boycotté par une partie de l'opposition qui dénonçait une "supercherie", Nicolas Maduro, 55 ans, a obtenu 68% des voix contre 21,2% à son principal adversaire Henri Falcon, 56 ans. Ce dernier a dénoncé un scrutin sans "légitimité" et réclamé une nouvelle élection avant la fin de l'année.

L'abstention de 52% est la plus élevée depuis les débuts de la démocratie dans le pays en 1958. A la dernière élection présidentielle en 2013, où Maduro s'était mesuré à l'opposition réunie autour d'Henrique Capriles, le taux de participation avait été de 79,69%.

Henri Falcon a accusé le gouvernement d'avoir fait pression sur les électeurs, notamment avec les "points rouges", des tentes installées par le PSUV (au pouvoir) où les électeurs venaient s'inscrire après avoir voté dimanche dans l'espoir de recevoir une prime promise par le président. 

"Nous sommes la force de l'histoire"

Nicolas Maduro s'est réjoui, lui, d'un "record historique" dimanche assurant à ses sympathisants: "jamais auparavant un candidat présidentiel n'avait gagné avec 68% des voix du peuple, et jamais auparavant il n'avait 47 points d'avance sur le second candidat". "On a encore gagné! Nous avons encore triomphé ! Nous sommes la force de l'histoire transformée en une victoire populaire permanente", a ajouté le président qui doit débuter son nouveau mandat de six ans en janvier 2019 et a promis de travailler au redressement de l'économie.

Les résultats annoncés ont été rejetés par le Chili, le Panama, le Costa Rica tout comme par le Groupe de Lima, une alliance de pays d'Amérique et des Caraïbes qui comprend l'Argentine, le Brésil, le Canada, la Colombie et le Mexique.

Les 14 pays du Groupe de Lima ont annoncé lundi le rappel de leurs ambassadeurs du Venezuela au lendemain de ce scrutin et vont "coordonner des actions pour que les organismes financiers internationaux et régionaux n'octroient plus de prêts au gouvernement du Venezuela".

La quasi totalité des responsables gouvernementaux, y compris Nicolas Maduro, sont visés par des sanctions de l'UE ou de Washington. Les États-Unis, qui achètent un tiers du brut vénézuélien, ont menacé d'un embargo pétrolier et interdisent à leurs citoyens toute transaction sur la dette vénézuélienne.

En novembre 2017, le Venezuela et sa compagnie pétrolière nationale PDVSA ont été déclarés en défaut partiel par plusieurs agences de notation. -

Touché par l'effondrement des cours du brut depuis 2014, le Venezuela, qui tire 96% de ses revenus du pétrole, souffre d'un manque de devises qui l'a plongé dans une crise aiguë.

En cinq ans, le PIB a fondu de 45%, selon le FMI, qui anticipe une contraction de 15% en 2018 et une inflation de 13.800%.

Y.D. avec AFP