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Les dossiers européens qui ont buté sur le Royaume-Uni

Le Royaume-Uni a notamment été le seul pays à refuser dès le départ le pacte budgétaire européen

Le Royaume-Uni a notamment été le seul pays à refuser dès le départ le pacte budgétaire européen - -

David Cameron a ouvert la voie à un référendum sur une sortie de l’Union européenne, ce mercredi 23 janvier. Le dirigeant britannique tend ainsi un peu plus vers une Europe "à la carte" qu’il a déjà bien incarnée.

Le Royaume-Uni a toujours été l’un des pays européens les moins europhiles. David Cameron l’a encore prouvé, ce mercredi 23 janvier, en cédant aux sirènes de l’euroscepticisme. Le Premier ministre conservateur britannique compte ainsi organiser un référendum sur le maintien du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne d’ici à 2017.

David Cameron avait déjà, à plusieurs reprises, fait bande à part parmi ses collègues européens. Plusieurs chantiers européens ont déjà buté sur lui.

> Le Budget européen

Le 23 novembre dernier, les 27 avaient échoué à s’accorder sur le budget pluriannuel de l’Union européenne, pour la période 2014-2020. La faute notamment à David Cameron qui refuse d’augmenter la contribution de son pays, pourtant bénéficiaire d’un rabais de 4,1 milliards d’euros en 2011, et qui a plaidé pour amputer le budget européen de 200 milliards d’euros.

Les chefs d’Etat vont tenter à nouveau, lors du sommet européen des 7 et 8 février prochains, de trouver un compromis pour donner enfin un budget à l’Union européenne.

> Le pacte budgétaire européen

Ce pacte, qui instaurait notamment la fameuse règle d’or, avait été approuvé fin 2011 par la grande majorité des chefs d'Etat de l’Union européenne, lors d'un sommet européen. Mais pas par David Cameron pour qui il n’était pas question d’accepter cette mesure sans de lourdes contreparties. Ce que les autres dirigeants n'ont pas accepté.

Pour l’anecdote, Nicolas Sarkozy était tellement agacé par ce refus britannique qu’il n'avait pas salué David Cameron, à Bruxelles, le 9 décembre dernier.

> La taxe sur les transactions financières

Cette taxe a finalement obtenu le feu vert de l’Union européenne pour être appliquée dans le cadre "d’une coopération renforcée" entre 11 pays, dont la France et l’Allemagne. Mais à l’origine, Paris et Berlin souhaitaient que celle-ci soit instaurée dans tous les pays de l’Union. Londres ne l’entendait pas de cette oreille.

Le Royaume-Uni craignait les répercussions de cette taxe sur la santé de sa grande place financière, la City. Taxer en Europe "n'a aucun sens si les marchés détalent du jour au lendemain vers New York ou Singapour", avait ainsi déclaré, en 2011, George Osborne, le chancelier de l’Echiquier.

Julien Marion