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Les bolides des Ben Ali trouveront-ils preneur à Paris?

En 2012, des enchères ont été organisées en Tunisie, mais les voitures de luxe n'ont pas trouvé preneur. Le gouvernement tunisien est d'accord pour confier la vente à Artcurial, mais il doit encore avoir l'aval du conseil d’État.

En 2012, des enchères ont été organisées en Tunisie, mais les voitures de luxe n'ont pas trouvé preneur. Le gouvernement tunisien est d'accord pour confier la vente à Artcurial, mais il doit encore avoir l'aval du conseil d’État. - Fetih Belaid - AFP

Sur les dizaines de voitures saisies par l’État tunisien au clan de l'ancien président Ben Ali, dix-sept modèles d'exception pourraient être mises aux enchères d’ici avril à Paris chez Artcurial, qui ne confirme ni ne dément.

En Tunisie, l’après-Ben Ali est agité. La démocratie s’installe dans le pays mais l’économie souffre. Et la baisse du tourisme, du fait notamment des attentats, n’est pas la seule explication. Loin de là.

Depuis la chute du président, condamné par contumace à 35 ans de détention et réfugié depuis 2011 en Arabie Saoudite, les biens du clan restent, si ce n’est en déshérence, tout du moins en attente de repreneurs. Et parmi eux, un parc d’environ 150 voitures peut rapidement et sûrement ramener quelques dizaines de millions d’euros au pays.

En attendant, le gouvernement tunisien explore une piste pour 17 voitures particulièrement prestigieuses. Bentley Sport, Porsche, Rolls Royce et Mercedes font partie de la liste qui compte aussi des Aston Martin, deux Maybach (62 et Exelero) offertes à l’époque par Kadhafi et même une superbe Peugeot 203 parfaitement restaurée.

Selon la lettre Maghreb Confidentiel, cette vente ne sera pas organisée en Tunisie. Elle pourrait être confiée à Artcurial, la maison parisienne qui reste l’un des spécialistes mondiaux des enchères de voitures de prestige. Le service communication d’Artcurial ne nous a rien confirmé. Il a seulement indiqué que la maison donnerait des informations seulement "si cette vente se [faisait] un jour".

Le gouvernement tunisien a donné son accord

Selon Maghreb Confidentiel, l’idée de confier la vente à Artcurial a été lancée par le PDG de Cruise Tours, une filiale de la holding d’État Al Karama qui gère les biens saisis aux Ben Ali. "Le gouvernement de Habib Essid a donné son accord, mais n’a pas encore approuvé formellement l’opération en conseil d’État", indique la lettre.

Si cette vente se fait, la Tunisie pourrait éventuellement récolter quelques dizaines de millions. Mais pour Lazare Beullac, rédacteur en chef de Maghreb Confidentiel, la vente des automobiles et des biens immobiliers du clan Ben Ali/Trabelsi "n’est que l’arbre qui cache la forêt".

En parallèle de ces signes extérieurs de richesse, la holding d’État Al Karama détient encore une compagnie aérienne (Nouvelle Air), un concessionnaire automobile (Alpha), les laboratoires pharmaceutiques Adwya, ainsi que Carthage Cement qui est encore la seconde cimenterie du pays. Depuis la chute du pouvoir, ces entreprises perdent de la valeur et certaines seraient même en grave difficulté.

Cinq ans après la révolution qui a mis en fuite le dirigeant, le pays a toujours du mal à se redresser économiquement. Depuis 2011, la dette publique a augmenté de 58% pour atteindre 19 milliards d’euros, soit 67% du PIB.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco