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Le Conseil de sécurité d'accord sur les sanctions contre l'Iran

Réunion du Conseil de sécurité de l'Onu. Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité disposant d'un droit de veto sont tombés d'accord sur une liste de firmes et d'individus iraniens ciblés par une nouvelle série de sanctions. /Photo d'archives/REU

Réunion du Conseil de sécurité de l'Onu. Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité disposant d'un droit de veto sont tombés d'accord sur une liste de firmes et d'individus iraniens ciblés par une nouvelle série de sanctions. /Photo d'archives/REU - -

NATIONS UNIES - Les membres permanents du Conseil de sécurité sont tombés d'accord sur une liste de firmes et d'individus iraniens concernés par un...

par Louis Charbonneau

NATIONS UNIES (Reuters) - Après des mois d'intenses tractations, les membres du Conseil de sécurité de l'Onu doivent voter ce mercredi une résolution qui prévoit un quatrième train de sanctions à l'encontre de l'Iran en raison de son programme nucléaire controversé.

Les 15 membres du Conseil, qui sont tombés d'accord sur une liste de firmes et d'individus iraniens ciblés par les sanctions, doivent se réunir à 10h00 (14h00 GMT) mercredi, a indiqué à la presse l'ambassadeur du Mexique à l'Onu et actuel président du Conseil de sécurité, Claude Heller.

L'accord est intervenu entre les cinq membres permanents - Russie, Chine, Etats-Unis, Grande-Bretagne et France - et l'Allemagne, qui ont négocié vainement la suspension du programme nucléaire iranien, soupçonné d'avoir des objectifs militaires.

Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a fait savoir que l'adoption de la résolution permettrait aux autres pays d'adopter leurs propres mesures à l'encontre de la République islamique pour la punir de poursuivre ses activités nucléaires sensibles.

L'Iran a d'ores et déjà invité la Russie, son partenaire commercial, à ne pas s'associer à ce nouveau train de sanctions.

Un haut responsable iranien a fait savoir que l'Iran aurait une "réaction appropriée" en cas de nouvelles sanctions. Un parlementaire iranien a indiqué que Téhéran reconsidérerait sa coopération avec l'Agence internationale de l'énergie atomique.

Les diplomates occidentaux s'attendent à ce que douze membres du Conseil, dont les cinq permanents qui bénéficient d'un droit de veto, votent en faveur de la résolution. La Turquie, le Brésil et le Liban ne devraient pas apporter leur soutien au texte.

UNE PERSONNE, 41 ENTITÉS

Un individu et 41 entités, dont une banque, figurent sur la liste noire du projet de résolution, ont indiqué à Reuters des diplomates occidentaux qui ont requis l'anonymat.

Il s'agirait de Javad Rahiqi, responsable d'un centre nucléaire à Isfahan où l'Iran dispose d'équipements de processus d'enrichissement d'uranium.

Si les membres clefs du conseil ont approuvé la liste, les Etats-Unis et la Chine poursuivaient encore leurs discussions sur une entité, laissant entendre que la liste noire pourrait s'allonger ou rétrécir avant le vote, ont-ils ajouté.

Les personnes ou les entreprises figurant sur une liste noire de l'Onu existante pour des liens présumés avec le nucléaire iranien ou des programmes de missile, seront soumis à un gel des avoirs et à une interdiction de voyager.

"Ce sont les sanctions les plus importantes auxquelles l'Iran a jamais été confronté", a estimé la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, lors d'une conférence de presse en Equateur.

Hostiles au départ à des sanctions trop paralysantes, la Chine et la Russie ont bataillé pour édulcorer les sanctions proposées.

La Turquie et le Brésil, qui avaient signé avec Téhéran une proposition de compromis qui n'a pas été retenue, devraient voter contre, de même que le Liban, où l'Iran exerce une influence via son soutien au Hezbollah.

Les nouvelles sanctions accroissent la surveillance des banques iraniennes, y compris la Banque d'Iran, et resserre un embargo sur les armes.

Louis Charbonneau, Marc Delteil, Pascal Liétout et Marine Pennetier pour le service français