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La Fed n'allège pas son soutien à l'économie

La Réserve fédérale américaine n'abaissera pas tout de suite le montant de ses rachats d'actifs mensuels destinés à soutenir l'économie américaine.

La Réserve fédérale américaine n'abaissera pas tout de suite le montant de ses rachats d'actifs mensuels destinés à soutenir l'économie américaine. - -

La Réserve fédérale américaine a déclaré ce mercredi 18 septembre qu'elle continuerait à acheter 85 milliards de dollars d'obligations par mois. Tout laissait pourtant croire qu'elle réduirait ce montant.

Et la montagne accoucha d'une souris. La planète financière était en pleine émulation ces derniers jours, en attendant les conclusions du comité monétaire de la Fed, ce mercredi 18 septembre. Les observateurs prévoyaient un allègement de ses mesures exceptionnelles destinées à soutenir l'économie américaine, et craignaient les effets d'une telle manœuvre. Finalement, l'institution a choisi le statut quo.

Elle maintient son taux directeur proche de zéro, comme prévu. Ce qui créé la surprise, c'est qu'elle continuera à racheter de la dette américaine et des crédits titrisés au même niveau qu'actuellement, donc à hauteur de 85 milliards de dollars par mois.

Des prévisions de croissance revues à la baisse

Ses responsables ont indiqué attendre "plus de preuves d'une amélioration soutenue [de la situation économique des Etats-Unis] avant d'ajuster le rythme de ses achats". Ils disent craindre qu'un resserrement de la politique monétaire ne ralentisse "le rythme de la reprise de l'économie et du marché du travail".

Cette décision a surpris les analystes qui s'attendaient à une réduction légère des injections de liquidités, de l'ordre de 10 milliards de dollars par mois. Au cours de la conférence de presse consécutive à ces annonces, le président de la Fed, Ben Bernanke, a indiqué qu'il n'y avait "pas de calendrier" de dénouement des rachats d'actifs.

Le communiqué de la Fed indique que l'économie a progressé à un rythme "modéré", que "les taux sur les prêts immobiliers ont encore augmenté" et que "la politique budgétaire freine l'économie". Un pessimisme qui se traduit aussi dans ses nouvelles prévisions de croissance pour 2013 et 2014, revues à la baisse. Le PIB devrait progresser de 2% à 2,3% en 2013 (0,3 point de moins que prévu en juin), et de 2,9% à 3,1% en 2014 (-0,1 à -0,4 point par rapport à juin).

Elle améliore toutefois légèrement ses prévisions de chômage, tout en considérant que son taux actuel (7,3%), est "au-dessus des niveaux acceptables". Ben Bernanke a d'ailleurs répété qu'une remontée du taux directeur de la Fed restait conditionnée au passage du taux de chômage sous les 6,5%.

A la suite de ces annonces, les indices américains ont grimpé pour atteindre des niveaux records ce mercredi 18 septembre aux environs de 21 heures à Paris.

Nina Godart