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L'UE durcit ses sanctions envers la Russie

Les ambassadeurs européens n'ont pas encore décidé d'empêcher les banques russes d'émettre des titres de dette en Europe.

Les ambassadeurs européens n'ont pas encore décidé d'empêcher les banques russes d'émettre des titres de dette en Europe. - -

L'Union européenne a annoncé ce jeudi 24 juillet qu'elle ajoutait 15 personnalités à sa liste de Russes et d'Ukrainiens prorusses visés par des sanctions, ainsi que 18 entités. Elle pourrait aller encore plus loin.

L'Union européenne passe la vitesse supérieure, et durcit ses sanctions à l'égard de la Russie. 15 personnalités russes et ukrainiennes prorusses, ont été ajoutées à la liste de 72 personnes visées par des sanctions ce jeudi 24 juillet. Ainsi que 18 entités: neuf entreprises et neuf institutions. Cette liste sera rendue publique d'ici la fin de la semaine.

Cette décision a été prise au cours d'une réunion à Bruxelles entre ambassadeurs des Etats membres de l'UE. Ils ont commencé à examiner ce jeudi un document émis par la Commission européenne, qui présente plusieurs options.

Les experts de Bruxelles proposaient également, selon le Financial Times, d'empêcher les banques russes d'émettre de nouveaux titres sur les places européennes. Plus d'augmentations de capital, plus d'emprunts obligataires des lors que l'établissement est détenu en majorité par l'état russe.

Accentuer le ralentissement de l'économie russe

Aucune décision ne devait être prise aujourd'hui à ce sujet, qui requerrait de convoquer un nouveau sommet européen des dirigeants. Mais si les 28 choisissaient cette sanction, les partisans de la manière forte avec Moscou n'auraient plus pu soutenir que l'Europe se tient en retrait des Etats-Unis.

Empêcher les banques russes d'émettre de la dette en Europe, revient à augmenter par ricochet le coût de financement de ces établissements gênés sur les marches de capitaux en devises. Ce qui devrait, en principe, les contraindre à limiter leurs prêts à l'activité courante de leurs clients. Et ainsi, cela accentuerait le ralentissement de l'économie nationale, déjà mal en point.

Il y a trois mois, la Banque centrale avait indiqué que des simulations sur le système financier russe avaient été menées, afin d'évaluer les conséquences d'une fermeture des marchés extérieurs. Verdict officiel d'alors: globalement, les banques tiendraient bon.

Le PDG de la 2ème banque russe inquiet

Cela ne semble plus aussi certain à présent. La semaine dernière, à l'annonce des sanctions financières américaines, avant donc que ne soient envisagées les mesures européennes, le PDG de la VTB, la 2eme banque du pays, a exprimé de vives inquiétudes.

Andrey Kostin a expliqué, sur la chaine Rossiya 24, que ce type de sanctions peut conduire, en substance, a une "désintégration" du système financier. L'Etat russe promet d'aider les établissements déstabilisés, quitte à puiser dans ses confortables réserves de change.

La Commission européenne, de son côté, n'a pas encore transmis ses éventuelles évaluations du contrecoup pour les économies d'Europe.

Benaouda Abdeddaïm