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L’Inde veut relancer sa croissance

L'Inde cumule réformes et investissements pour retrouver une croissance fulgurante

L'Inde cumule réformes et investissements pour retrouver une croissance fulgurante - -

Bombay multiplie les réformes économiques destinées à lutter contre le ralentissement de l’économie du sous-continent. Des annonces bien reçues par les marchés.

Depuis plusieurs mois, l'économie indienne a calé. Sa croissance au premier trimestre s’est limitée à 5,5 %. Comparé à l’Europe, c’est très honnête, mais pour un pays émergent, c’est peu. C’est même le plus faible taux depuis deux ans. Un ralentissement dû en particulier à des infrastructures obsolètes et à des règles mâtinées de protectionnisme.

Mais en cette rentrée, Bombay prend le taureau par les cornes, et multiplie réformes et investissements. Il faut dire que le gouvernement dirigé par Manmohan Singh part de loin. Pour commencer, le système électrique indien pâtit d’un déficit d’approvisionnement chronique. En témoignent les pannes géantes qui ont immobilisé le géant asiatique cet été. Une situation liée aux prix fixes de l’énergie que l’Etat impose aux compagnies énergétiques. Ces dernières manquent de ce fait de fonds pour moderniser et développer leurs installations.

1 000 milliards de dollars pour les infrastructures

Ajoutez à cela un réseau routier et ferroviaire inadapté, désuet voire inexistant dans certaines zones. Selon le Word economic forum, les patrons indiens considèrent les carences des infrastructures comme le premier obstacle à la bonne marche des affaires. Pour Standard & Poor’s, elles sont de nature à "dissuader les entreprises étrangères d’investir" en Inde.

Pour y remédier, le géant indien élabore actuellement son plan quinquennal 2012-2017, qui prévoit de réaliser 1 000 milliards de dollars d’investissement dans les infrastructures. 

Et à l’heure où le déficit commercial du pays se creuse en raison de la cherté du pétrole, le gouvernement a finalement voté, le 20 septembre, une augmentation de 12 % du prix du gazole.

Par ailleurs, Bombay travaille sur une recapitalisation de la State electricity board (SEB), très endettée, pour lui permettre d'accroître sa production d’électricité.

Le Sensex prend 7,5% en un mois

Le gouvernement a aussi décidé que les grands distributeurs étrangers pourront désormais faire leur entrée dans le commerce de détail, via des sociétés communes. Mentionnons aussi l’ouverture du capital des sociétés locales de la grande distribution, des médias et de l’aviation aux investissements étrangers directs, ou les réductions d’impôts sur les emprunts en devises étrangères par les sociétés indiennes.

Ces mesures, très impopulaires dans le pays, sont en revanche plébiscitées par les investisseurs. Pour preuve, l’indice boursier indien, le Sensex, s’est envolé de 7,5 % sur le seul mois de septembre. Et la roupie indienne, "l’une des devises les plus dépréciées parmi les monnaies des pays émergents", d’après David Gaud, gérant pour l’Asie chez Edmond de Rotschild, "est en train de s’affermir".

Le rapport avec la monnaie américaine s’est ainsi stabilisé "sous la barre des 54 roupies pour un dollar US". "Un niveau qu’on avait plus connu depuis le mois de mai", s’enthousiasme l’analyste.

Nina Godart