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Japon: la fin de la déflation?

Le mot "déflation" n'apparaît pas dans le rapport économique mensuel japonais de novembre

Le mot "déflation" n'apparaît pas dans le rapport économique mensuel japonais de novembre - -

Dans son rapport économique mensuel paru ce mardi 24 décembre, Tokyo n'utilise pas une fois le mot "déflation". Une première depuis quatre ans. Le Premier ministre Shinzo Abe a-t-il réussi pour autant son pari?

Un an de cure d'Abenomics pour relever l'économie nippone, et la déflation n'existerait plus ? En tout cas, le terme n'apparaît pas dans le rapport économique mensuel japonais, paru ce 24 décembre, pour la première fois depuis plus de quatre ans. Le résultat de la politique économique volontariste menée par le Premier ministre conservateur Shinzo Abe depuis son élection l'année dernière, le 26 décembre 2012.

Le gouvernement a aussi approuvé dans la nuit du 24 un budget 2014 record en termes de dépenses, équivalent à 673 milliards d'euros, afin de juguler le déficit récurrent et de faire face à la hausse des dépenses de santé. Du côté des moyens, l'exécutif mise sur une augmentation des rentrées d'impôts, notamment via un doublement de la TVA.

"L'économie japonaise est sur la voie d'une reprise modérée. La consommation privée progresse. Les prix tiennent bon", indique Tokyo dans son rapport économique pour décembre. En novembre, il était indiqué sur ce point: "Les développements récents sur le front des prix indiquent que la déflation est en train de s'achever".

Les prix bas empêchent les entreprises d'investir

En n'employant pas ce terme dans un tel texte, pour la première fois depuis novembre 2009, le gouvernement nippon veut montrer que ses efforts pour sortir de ce phénomène commencent à porter leurs fruits.

Mais la troisième puissance économique mondiale ne considère pas la déflation officiellement terminée. La Banque du Japon (BoJ) a encore deux ans devant elle à imprimer de la monnaie à tour de bras dans l'espoir de faire grimper les prix de 2%. Actuellement, leur hausse ne serait que de 1% par an, selon la BoJ.

Pour faire repartir l'économie japonaise, en berne depuis une dizaine d'années, le gouvernement estime qu'il faut lutter contre les prix bas. Car même s'ils peuvent sembler positifs au consommateur au premier abord, Shinzo Abe considère qu'ils empêchent les entreprises d'investir car elles craignent de ne pas vendre le fruit de leur investissement assez cher pour le rentabiliser.

C'est pourquoi il entend faire remonter ces prix tout en augmentant le pouvoir d'achat des Japonais. C'est d'ailleurs le prochain défi de l'Archipel: faire en sorte que les salaires augmentent.

N.G.