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G7: les enjeux à surveiller

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- - IROZ GAIZKA / AFP

La tension est montée d'un cran à la veille du G7 qui s'ouvre ce samedi à Biarritz, avec des Européens mobilisés face aux incendies en forêt amazonienne et une guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine qui repart de plus belle.

Forêt amazonienne, guerre commerciale sino-américaine, crise iranienne... de nombreux sujets seront abordés lors de ce G7 entre le dîner d'ouverture samedi et la conférence de presse finale prévue lundi après-midi. Contesté dans son hégémonie par les nouvelles puissances, ce club des puissances libérales apparaît divisé.

Ce G7 permettra-t-il des avancées sur les grandes crises actuelles? Emmanuel Macron cherche à le démontrer en invitant d'autres pays, comme l'Inde, et en se libérant du communiqué final. "Plutôt que de négocier des déclarations, nous allons essayer d'avancer sur des coalitions" entre pays de bonne volonté. Le Chef de l'Etat espère ainsi éviter le fiasco du dernier sommet, au Canada, où Donald Trump a finalement renoncé au communiqué final qu'il venait de signer.

Ce G7 sera le premier sommet international pour le nouveau Premier ministre britannique Boris Johnson, à quelques semaines de la date prévue du Brexit, le 31 octobre. Ses déclarations sur le divorce d'avec l'Union européenne seront scrutées, d'autant qu'il doit rencontrer en tête à tête le président américain qui multiplie les déclarations incendiaires contre l'UE.

Parmi les sujets majeurs au menu du sommet: les incendies qui sévissent dans la forêt amazonienne. Accusant d' "inaction" le président brésilien Jair Bolsonaro, Emmanuel Macron, Angela Merkel et Boris Johnson ont décidé de se saisir de ce problème devenu "une crise internationale".

"On va essayer de mobiliser tout le monde pour lever des financements, pour pouvoir reboiser le plus vite possible", a déclaré Emmanuel Macron dans un entretien au media en ligne Konbini. Le président français, qui place l'agenda climatique "au coeur de ce G7" veut obtenir des engagements de ses dirigeants. 

La France a déjà fait savoir qu'elle dira "non" au traité de libre-échange controversé entre l'UE et le Mercosur. Ce dernier s'est pour sa part empressé d'annoncer vendredi soir avoir conclu un accord commercial avec quatre pays européens non membres de l'UE, en l'occurrence la Norvège, l'Islande, le Liechtenstein et la Suisse, qui forment l'Association européenne de libre-échange, AELE.

Crise iranienne, taxe GAFA et guerre commerciale

Par ailleurs, le président français espère obtenir de ses homologues des gestes d'apaisement sur la crise iranienne pour sauver l'accord international de 2015 sur le nucléaire, dénoncé par les Etats-Unis et dont Téhéran menace de s'affranchir progressivement. Le président français a rencontré vendredi à Paris le chef de la diplomatie iranienne qui a estimé que les choses allaient "dans la bonne direction". 

Le président américain devrait également faire part une nouvelle fois de sa colère après la taxation des géants du numérique portée par la France. Un régime fiscal qu'il juge "hautement discriminatoire" et "totalement contre-productif", et contre lequel il entend bien militer à Biarritz. Les sociétés concernées seront taxées à hauteur de 3% sur le chiffre d'affaires en France. Cette mesure doit rapporter 400 millions d'euros à l'Etat français cette année.

Autre sujet de tension et pas des moindres: la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis qui sera évidemment au coeur des discussions, d'autant plus que les tensions entre les deux pays s'amplifient ces derniers jours.

La Chine a annoncé vendredi son intention d'imposer de nouveaux droits de douane sur 75 milliards de dollars d'importations en provenance des Etats-Unis. Furieux de la contre-attaque de Pékin, Donald Trump a opté vendredi soir pour la surenchère. La totalité des 550 milliards de dollars de produits chinois importés aux Etats-Unis seront frappés de taxes douanières encore plus lourdes d'ici la fin de l'année. Une escalade qui a fait tousser les Bourses, sur fond de craintes pour la croissance mondiale.

La rédaction