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Ford : La guerre commerciale coûtera 1 milliard de dollars à la marque

Faute de pouvoir importer sa Focus Active fabriquée en Chine, Ford a dû supprimer l'ensemble de la gamme aux Etats-Unis. Face à la guerre commerciale, les constructeurs redéfinissent leurs gammes...

Faute de pouvoir importer sa Focus Active fabriquée en Chine, Ford a dû supprimer l'ensemble de la gamme aux Etats-Unis. Face à la guerre commerciale, les constructeurs redéfinissent leurs gammes... - SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Le milliard de dollars semble devenir le nouveau barème pour évaluer l'impact de la guerre commerciale chez les grands constructeurs américains. Après GM et Fiat Chrysler, Ford chiffre désormais à 1 milliard de dollars l'impact négatif du climat actuel qui règne entre Chine et Etats-Unis.

« L'ironie du sort, c'est que pour l'essentiel nous nous fournissons en métaux aux Etats Unis...» déplore Jim Hackett, PDG de Ford. Mais les faits sont là : les hausses de tarifs sur l'acier et l'aluminium, en grande partie dues à la guerre commerciale que se livrent Chine et Etats-Unis, auront un impact négatif d'1 milliard de dollars sur les comptes du constructeur cette année.

« Et il y aura encore plus de dégâts si la situation se prolonge », poursuit Jim Hackett. Il faut dire que trimestre après trimestre, l'évaluation de ce véritable boulet pour l'industrie automobile américaine, n'a fait qu'augmenter. General Motors il y a quelques semaines l'a chiffré également à 1 milliard de dollars.

Tarifs globaux en hausse

Même si les hausses de tarifs douaniers sur les importations chinoises d'acier et d'aluminium ont incité beaucoup de constructeurs à préférer l'acier américain, les cours ont grimpé pour l'ensemble de l'industrie du fait de cet environnement négatif. Sans compter que les tarifs ont augmenté pour bien d'autres éléments de construction automobile, les composants électroniques notamment.

Les constructeurs arrivent à compenser une partie de ces hausses de tarifs par des achats de contrats financiers leur garantissant un prix acceptable chez la plupart de leurs fournisseurs. L'optimisation et la restructuration de l'outil de production arrive également à faire dégager un peu de marge de manœuvre aux grandes enseignes, mais jusqu'à un certain point. 

Restructuration des gammes

Mais c'est aussi du côté du produit fini que se situe le problème. Ford notamment a décidé de supprimer une partie de sa gamme vendue aux Etats-Unis, celle de la Focus. Le constructeur avait comme projet de la faire remplacer progressivement par un nouveau SUV, Ford Focus Active, fabriqué en Chine. Son coût devenant totalement prohibitif, à cause des nouvelles taxes à l'importation, Ford à renoncé à le vendre sur le sol américain, remettant en cause l'intérêt même de maintenir l'ensemble de cette gamme. Le constructeur a donc décidé de la supprimer.

Quand à Fiat Chrysler, ses prévisions sur le marché chinois ne font que baisser, notamment pour les enseignes Jeep et Maserati. Trimestre après trimestre, les hausses de tarifs douaniers côté chinois, cette fois, ont dégradé les perspectives, et réduit la demande de façon spectaculaire.

Moins de choix pour le consommateur

« Ces décisions ne nous laissent pas le choix en termes de restructuration et de décisions stratégiques », déplore un responsable chez Ford, « mais surtout elle réduisent le choix aussi et avant tout pour le consommateur, et ça c'est sans doute le cas de figure le plus négatif pour l'ensemble de l'industrie », ajoute-t-il.

L'automobile américaine va donc avoir fort à faire encore les mois à venir pour adapter sa stratégie face à un climat qui risque de rester très complexe, et des tensions qui devraient perdurer et même peut-être s'amplifier alors qu'approchent les élections américaines de mi-mandat.

Antoine Larigaudrie