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Dans cette ville suisse, il sera bientôt possible de payer en bitcoin

La ville de Zoug compte un peu plus de 27.000 personnes

La ville de Zoug compte un peu plus de 27.000 personnes - Roland Zh - Wikimedia Commons - CC

"La municipalité de Zoug a décidé de lancer une expérimentation permettant à ses habitants de payer les services publics avec la crypto-monnaie. Une idée qui vise à attirer davantage d'entreprises digitales alors que la petite ville de 26.000 âmes en compte déjà une quinzaine."

La petite ville de Zoug, en Suisse, avait jusqu'ici une réputation pas forcément glorieuse. Son canton est en effet un véritable paradis fiscal pour les entreprises, où l'impôt sur les sociétés n'est que de 14,6% selon KPMG. Glencore ou encore Siemens ont ainsi leur siège dans ce canton. Même chez les contribuables le taux d'imposition sur le revenu ne dépasse pas les 23%.

Mais désormais, Zoug veut se donner une autre image. La municipalité a spontanément créé un véritable pôle de compétences en matière de cryptage financier. Un écosystème qui a créé une profusion de sociétés digitales spécialisées dans la Finance ("les FinTech") et qui vaut aujourd'hui à Zoug le surnom de "CryptoValley".

Dans la limite de 180 euros

La ville compte aujourd'hui une quinzaine de FinTechs pour 27.000 habitants (et un peu plus de 110.000 dans le canton).Une renommée sur laquelle la municipalité compte surfer. Ainsi le 3 mai dernier, le conseil municipal a décidé de mener une expérience pour le moins novatrice: permettre à ses résidents de payer en bitcoin un certain nombre de services publics, notamment liés aux services scolaires et associatifs, dans la limite de 200 francs suisses soit 180 euros ou 0,44 bitcoin. 

Cette expérimentation débutera le 1er juillet prochain pendant un an et à la fin de l'année un examen approfondi de ce projet sera mené. Le conseil municipal décidera si le bitcoin, ou tout autre cryptomonnaie, pourra être généralisée comme un moyen de paiement lambda pour les services publics.

Au-delà du coup de pub que s'offre la ville de Zoug avec cette décision, l'idée est bien de conforter le statut de "Crypto Valley" de la commune helvétique en attirant encore plus de FinTechs. "Nous voulons montrer notre ouverture aux nouvelles technologies et faire part de notre expérience précoce. Et nous invitons les FinTechs du canton à échanger leurs idées avec le conseil municipal", déclare ainsi le maire socialiste Dolfi Müller, cité dans un communiqué.

D'autres initiatives

"Notre but est de répondre davantage à leur besoin pour qu'il puisse développer au mieux notre environnement économique", précise-t-il. Comme le rappelle le journal suisse Bilan, les paiements en bitcoin s'effectuent par transferts, l'utilisateur devant posséder une adresse bitcoin, semblable à un numéro de téléphone, et indiquer ensuite l'adresse du bénéficiaire.

L'idée de la ville de Zoug est originale sans être complètement inédite. La ville de New York a ainsi songé un moment à permettre de payer les tickets de parking avec des bitcoins ou encore les amendes. Dans le New Hampshire, les élus locaux avaient rejeté un projet de loi qui aurait permis aux contribuables de s'acquitter de leurs impôts avec la cryptomonnaie. Le Japon est lui en train de réfléchir à la création d'un arsenal juridique permettant de rendre légal le bitcoin et l'ensemble des autres monnaies virtuelles.

J.M.