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Brexit : Theresa May démissionnera si l'accord est ratifié

La Première ministre britannique Theresa May quitte Downing Street mercredi 27 mars pour se rendre à la Chambre des Communes.

La Première ministre britannique Theresa May quitte Downing Street mercredi 27 mars pour se rendre à la Chambre des Communes. - PAUL ELLIS / AFP

La Première ministre britannique met sa démission dans la balance afin de faire, enfin, adopter son accord de divorce, alors que les députés ont rejeté toutes les alternatives à ce plan.

Theresa May prête à se sacrifier sur l'autel du Brexit. La Première ministre britannique a annoncé mercredi qu'elle était prête à quitter son poste plus tôt qu'elle ne l'imaginait pour faire adopter l'accord de Brexit négocié avec les Européens.

« Il faut que cet accord soit approuvé pour réussir le Brexit », a-t-elle déclaré dans un communiqué. « Je suis prête à quitter ce poste plus tôt que je l'imaginais pour faire ce qui est bénéfique à notre pays et à notre pays (...) J'ai entendu très clairement quel était l'état d'esprit des parlementaires du parti (...) Je sais qu'il y a un désir pour une nouvelle approche - et une nouvelle direction - dans la seconde phase des négociations du Brexit, et je n'y ferai pas obstacle » poursuit elle.

« La bonne décision »

« Ça suggère qu'elle partira après un accord » analyse un député britannique. Un accord qui a déjà été rejeté deux fois par la Chambre des Communes, en janvier et à mi-mars.

Theresa May s'était déjà engagée à quitter le pouvoir avant les prochaines élections générales, prévues pour 2022. En acceptant de se retirer plus tôt, elle accroît les chances de voir la Chambre des communes ratifier enfin l'accord négocié avec les Européens. Elle devrait le soumettre à un troisième vote ce vendredi. « C'était inévitable et j'ai le sentiment qu'elle a pris la bonne décision », a commenté la députée conservatrice Pauline Latham.

Les députés votent contre leurs plans B

Cette annonce est le dernier revirement majeur - en date – du feuilleton Brexit. Elle survient alors que les députés britanniques ne sont pas parvenus mercredi soir à s'entendre sur une alternative au plan de retrait de Theresa May. Parmi les huit options proposés par les élus figuraient notamment une sortie sans accord, un renoncement au Brexit ou encore l'organisation d'un référendum sur l'accord de divorce qui sera choisi. 

Les parlementaires ont voté contre tous ces scénarios alternatifs, mais deux motions ont néanmoins rassemblé davantage de voix que le plan de Theresa May : celle proposant le maintien dans l'union douanière (272 voix contre 264) et celle proposant un référendum sur l'accord de retrait de la Première ministre. 

Le revirement de Boris Johnson

Plus tôt dans la journée, la prise de contrôle de l'agenda par le Parlement avait conduit certains fervents Brexiters, dont Boris Johnson à annoncer qu'ils soutiendraient l'accord de Theresa May, de crainte que le Brexit n'ait finalement pas lieu.

Mais la partie n'est pas encore gagnée pour la Première ministre : son allié au Parlement, le parti nord-irlandais DUP, a annoncé qu'il n'avait aucune intention de voter pour son accord « toxique », qui « menace l'intégrité du Royaume-Uni». Que va faire Downing Street, qui a répété mercredi que cet accord ne serait soumis à un nouveau vote que s'il avait une chance « réaliste » d'être approuvé ? Le secrétaire d'état au Brexit, Stephen Barclay a bien évoqué un troisième vote à la Chambre des Communes, mais sans préciser de date.

Le Brexit était initialement fixé au 29 mars. Les Vingt-Sept, offrant un répit à Londres, ont repoussé la date du divorce au 12 avril si le Parlement britannique ne ratifie pas l'accord de retrait ou au 22 mai dans le cas où la Chambre des communes ratifierait enfin ce texte de plus de 580 pages.

Delphine LIOU avec AFP, Reuters