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Ben Bernanke: un président de la Fed adulé et honni

Ben Bernanke quittera la présidence de la Fed sur un bilan qui fait débat.

Ben Bernanke quittera la présidence de la Fed sur un bilan qui fait débat. - -

Ben Bernanke tiendra, le 18 décembre, sa dernière conférence de presse en tant que président de la Fed. A l'issue de ses huit ans de mandat, certains investisseurs le portent aux nues, d'autres le vilipendent, sans demi-mesure.

Ben Bernanke tiendra, mercredi 18 décembre, sa dernière conférence de presse en tant que président de la Réserve fédérale américaine (FED), à l'issue de deux jours de comité monétaire. La prochaine sera menée par Janet Yellen, nommée à ce poste parmi les plus stratégiques au monde par Barack Obama en octobre.

Huit ans de règne vont ainsi s'achever pour Ben Bernanke, sous les applaudissements d'une partie du monde économique. Pour eux, quand la crise financière de 2008 a éclaté, il a tout de suite compris la gravité de la situation. Parce qu'il est un expert de la crise des années 30 et, si l’on peut dire, un expert des erreurs qui avaient été commises à cette époque et qu’il ne faut plus renouveler.

En 2008-2009, Washington est un bateau ivre. La Maison Blanche est déboussolée et le Congrès tient un discours hyper traditionaliste. "C’est l’argent facile qui nous a fait plonger dans la crise, il faut mettre fin à l’argent facile". Ben Bernanke fera exactement le contraire.

Inspirateur pour les banquiers centraux

Il va fondamentalement transformer le rôle de la Réserve Fédérale. Traditionnellement un régulateur, son président en fait un acteur, qui inonde les entreprises et surtout les banques de liquidité. Il incite les autres banquiers centraux à faire de même.

On estime qu’il a donné le coup d’accélérateur qu’il fallait au moment où il le fallait au-delà des Etats-Unis. En espérant que l’on saura, le jour venu, trouver la pédale du frein.

Une amorce de critique de son bilan qui fait écho à d'autres, bien plus virulentes. Car pour certains investisseurs, à l'instar de l'homme d'affaires américain Jim Rogers, "Ben Bernanke ne comprend rien à l’économie, il ne sait pas comment fonctionnent les marchés et la seule chose qu’il sache au sujet de la monnaie, c’est comment en imprimer toujours davantage".

Des investisseurs qui pariaient sur son échec

Dans certains milieux d’affaires, le patron de la Fed est détesté. On lui colle parfois le surnom de "Ben l’hélicoptère", en référence à l'économiste Milton Friedman, qui suggérait que pour combattre la déflation, on jette de l’argent liquide depuis un hélicoptère.

Les critiques viennent essentiellement des milieux républicains. En particulier du Tea Party, qui lui reproche son interventionnisme. Les critiques viennent aussi de certains hedge funds qui l’accusent de fabriquer de la fausse monnaie pour couvrir de la mauvaise dette.

Pourquoi tant de haine? Le professeur Brad DeLong de Berkeley propose une explication. Ses détracteurs ont tous en commun d'avoir parié sur son échec, dit-il, y compris dans leurs investissements. Ils ont parié sur son échec, et pour l’instant ils ont perdu…

Jean-Bernard Cadier et BFMbusiness.com