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Barack Obama pour un effort concerté contre le risque nucléaire

Barack Obama a lancé mardi, au dernier jour du sommet de Washington sur la sécurité nucléaire, un appel à un effort concerté pour éviter que l'arme atomique ne se retrouve entre les mains d'organisations terroristes. /Photo prise le 13 avril 2010/REUTERS/

Barack Obama a lancé mardi, au dernier jour du sommet de Washington sur la sécurité nucléaire, un appel à un effort concerté pour éviter que l'arme atomique ne se retrouve entre les mains d'organisations terroristes. /Photo prise le 13 avril 2010/REUTERS/ - -

par Matt Spetalnick et Ross Colvin WASHINGTON - Barack Obama a lancé mardi, au dernier jour du sommet de Washington sur la sécurité nucléaire, un...

par Matt Spetalnick et Ross Colvin

WASHINGTON (Reuters) - Barack Obama a lancé mardi, au dernier jour du sommet de Washington sur la sécurité nucléaire, un appel à un effort concerté pour éviter que l'arme atomique ne se retrouve entre les mains d'organisations terroristes.

Dans son discours, le président américain a estimé que si Al Qaïda se dotait des moyens de fabriquer une bombe atomique, ce serait "une catastrophe pour le monde".

"Deux décennies après la fin de la Guerre froide, nous sommes confrontés à la cruelle ironie de l'Histoire: le risque d'une confrontation nucléaire en nations a diminué, mais le risque d'une attaque nucléaire s'est accru", a-t-il dit.

Pour Obama, le sommet qui a réuni lundi et mardi 47 nations à Washington est une occasion "non seulement de parler, mais aussi d'agir". Et agir "non seulement par des promesses, mais par des progrès véritables destinés à la sécurité de nos peuples".

L'idée du président américain, à l'origine du plus important rassemblement de dirigeants étrangers organisé ces 60 dernières années sur le territoire des Etats-Unis, est d'aboutir à un plan d'action visant à sécuriser sous quatre ans la totalité des stocks de matières fissiles de la planète.

Le "terrorisme nucléaire", estime-t-il, constitue la principale menace isolée pesant contre la sécurité mondiale.

Le projet de déclaration finale, qui était en cours d'élaboration mardi, montre que les dirigeants devraient entériner cet objectif, mais les moyens d'y parvenir devraient rester, eux, relativement flous.

L'Ukraine a montré la voie en annonçant lundi qu'elle renonçait à l'uranium hautement enrichi qu'elle détient. Ce pays va détruire "une part importante de ses stocks" dès cette année et transformer ses installations civiles de recherche nucléaire de telle sorte qu'elles fonctionnent à partir d'uranium faiblement enrichi, a déclaré le porte-parole de la Maison blanche, Robert Gibbs.

De son côté, le Canada devrait renvoyer d'ici 2018 aux Etats-Unis, son pays de provenance, une "quantité importante" d'uranium hautement enrichi qui a été utilisé dans sa centrale de Chalk River.

LA PRIORITÉ D'AL QAÏDA ?

Mais certains pays doutent de la réalité de la menace du "terrorisme nucléaire", et considèrent que ce sujet est avant tout une préoccupation nationale des Etats-Unis, encore traumatisés par les attentats du 11 septembre 2001.

"Nous savons que des groupes terroristes, y compris Al Qaïda, sont à la recherche des matières nécessaires à la fabrication d'une arme nucléaire, et nous savons qu'ils ont l'intention de s'en servir", souligne Ben Rhodes, adjoint du conseiller national à la sécurité de la Maison blanche.

John Brennan, conseiller de Barack Obama sur les questions liées au terrorisme, affirme même qu'Al Qaïda en a fait la première de ses priorités.

Soulignant que la fabrication d'une bombe nucléaire requiert un niveau de maîtrise très élevé et un accès à de l'uranium ou du plutonium enrichi à des degrés militaires, les experts parlent d'une menace "à faible probabilité mais hautes conséquences".

Autrement dit, le risque est faible que des organisations criminelles ne se dotent d'une arme nucléaire, mais si elles y parvenaient, les conséquences seraient catastrophiques.

A l'inverse, le risque de "bombes sales" (qui utilisent des explosifs conventionnels pour disperser des substances radioactives) est jugé, lui, "à haute probabilité mais faibles conséquences".

Depuis le début des années 1990, et notamment la dislocation de l'Union soviétique, au moins 18 vols ou disparitions de matériaux nucléaires ont été signalés. Rien ne permet d'affirmer que des groupes considérés comme terroristes ont réussi à s'en procurer.

Des ONG estiment qu'il existe actuellement 1.600 tonnes d'uranium hautement enrichi et 500 tonnes de plutonium hautement enrichi à travers le monde. De quoi fabriquer 120.000 bombes atomiques.

Un nouveau sommet sur la sécurité nucléaire aura lieu en 2012 en Corée du Sud, a précisé Barack Obama.

Eric Faye et Henri-Pierre André pour le service français