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Au Royaume-Uni, le futur TGV à 100 milliards de livres sterling crée la polémique

Boris Johnson devrait donner un feu vert, au moins partiel, à ce projet ferroviaire colossal, censé relier Londres à Birmingham. Ses opposants craignent qu'il ne siphonne tous les financements dédiés aux transports.

Le TGV français, fierté nationale, a moins le vent en poupe ces dernières années. Trop cher pour certains, il a surtout eu tendance à aspirer le budget pour le transport ferroviaire, au détriment des trains de banlieue ou des petites lignes, devenues vétustes.

C'est un peu cela que craignent aujourd'hui les opposants au projet de ligne de train HS2, pour "High Speed 2", au Royaume-Uni. Cette ligne grande vitesse, qui doit relier Londres à Birmingham dans le centre de l'Angleterre dans sa première phase, est seulement la deuxième ligne grande vitesse du pays, la première (HS1) étant celle empruntée dans le sud par l'Eurostar.

Selon la presse britannique, le gouvernement de Boris Johnson devrait donner son accord, ce mardi, à cette première phase mais il devrait aussi lancer une évaluation de la seconde phase qui prolongerait cette ligne jusqu'à Leeds et Manchester dans le nord du pays. L'objectif : augmenter la fréquence des trains et surtout raccourcir la durée des trajets vers les villes du nord, étouffées par Londres.

Le double des estimations de départ

C'est un chantier ferroviaire colossal. Soutenu par les milieux d'affaires, son coût exorbitant risque de faire grincer des dents : il dépasserait au total les 100 milliards de livres sterling, le double des estimations de départ. Déjà plusieurs élus du centre et du nord de l'Angleterre jugent que l'argent serait plus utilement injecté dans la modernisation des infrastructures locales.

Boris Johnson a tenté de calmer les critiques en annonçant, en parallèle, un investissement de 5 milliards de livres sterling dans le réseau d'autobus, critiqué depuis sa dérèglementation lors de l'époque Thatcher. Un programme de 250 miles de pistes cyclables à l'échelle nationale est aussi lancé. Bien trop faible quand on sait que l'agglomération de Manchester prévoit 1800 miles à elle seule…

Le premier tronçon du HS2 vers Birmingham pourrait ne pas voir le jour avant 2031 et il faudra peut-être attendre 2040 pour que la deuxième phase vers le nord de l'Angleterre soit opérationnelle, si toutefois elle est validée.

Thomas Leroy avec Delphine Liou