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Accord douanier, vote au Parlement: le Brexit se précise

La Première ministre britannique Theresa May a tenu, depuis Londres, un discours très attendu sur les modalités de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Le divorce est acté. Reste à savoir si l’Europe et le Royaume-Uni resteront en bons termes. On savait déjà que Theresa May activerait l’article 50 du Traité de Lisbonne avant la fin mars, mais ce mardi, la Première ministre britannique a dévoilé la feuille de route pour sortir son pays de l’UE. 

Elle a tout d'abord assuré que la sortie du Royaume-Uni n'avait pas pour but de "nuire" à l'UE. "Nous ne voulons pas d'un délitement de l'UE", a-t-elle ajouté. Le vote des Britanniques pour quitter l'Union ne "constitue pas un rejet des valeurs que nous partageons (...) ce n'était pas une tentative de faire du mal à l'UE".

Vote au Parlement

La dirigeante a ensuite indiqué que Londres ne chercherait pas à obtenir un statut de membre associé. Avant d'annoncer que le résultat des négociations du Brexit serait soumis au Parlement. "Je peux confirmer aujourd'hui que le gouvernement soumettra l'accord définitif entre le Royaume-Uni et l'UE à un vote des deux chambres du Parlement avant qu'il entre en vigueur", a-t-elle affirmé. Lors de ces négociations, des compromis seront nécessaires, a-t-elle toutefois reconnu. 

Sortie du marché unique et nouvel accord douanier

Theresa May a ensuite confirmé que le Brexit signifierait inévitablement la sortie du Royaume-Uni du marché commun. "Ce que je propose ne peut pas signifier une appartenance au marché unique", qui empêcherait le Royaume-Uni de négocier "[ses] propres accords commerciaux", a-t-elle ainsi déclaré. Tout en assurant que Londres continuerait d'oeuvrer étroitement avec ses partenaires dans les domaines des affaires extérieures et de la défense.

La chef du gouvernement a également annoncé qu'elle souhaitait l'instauration d'un nouvel accord douanier entre le Royaume-Uni et l'UE. "Je ne veux pas que le Royaume-Uni soit membre de la politique commerciale commune (de l'UE) et je ne veux pas que nous soyons liés aux tarifs extérieurs communs, ce sont des éléments de l'union douanière qui nous empêcheraient de conclure nos propres accords commerciaux avec d'autres pays. Mais je veux que nous ayons un accord douanier avec l'UE".

Enfin, la Première ministre a souhaité que le processus de sortie se fasse "par étapes". "Nous essaierons d'éviter un changement trop brutal et déstabilisant", a-t-elle souligné. Avant de prévenir qu'un accord qui serait "punitif" serait "un acte calamiteux qui nuirait à l'UE".

Y.D. avec AFP