BFM Business

Incendies: les maires californiens veulent racheter la compagnie d’électricité pyromane

Malgré la mobilisation de 3000 personnes travaillant sur le feu, des incendies continuent de se déclarer en Californie

Malgré la mobilisation de 3000 personnes travaillant sur le feu, des incendies continuent de se déclarer en Californie - Justin Sullivan - GETTY IMAGES NORTH AMERICA - AFP

En Californie, une coalition d’élus se constitue afin de racheter PG&E, le principal distributeur d’électricité local. L'entreprise, placée en faillite en janvier dernier, est accusée d’être à l’origine de plusieurs incendies géants.

Ils en ont ras-le-bol. Selon le New York Times, une douzaine de maires californiens - parmi lesquels ceux de San José, Sacramento ou Oakland – se coalisent afin de racheter Pacific Gas & Electric, le géant de l’électricité local.

En cause: les incendies récurrents qui seraient causés par ses installations, forçant la compagnie à des coupures de courant massive. Ce rachat permettrait de "fournir des services d’électricité sûrs, fiables et rentables" argumente le maire de Sacramento Darrell Steinberg au quotidien américain.

Le mois dernier, les installations de PG&E ont été identifiés comme la cause possible d’au moins cinq feux de forêt différents. PG&E est la plus grande entreprise d’électricité détenue par des investisseurs dans un seul État, avec plus de 15 millions de consommateurs d’électricité et de gaz naturel, contextualise le New York Times.

30 milliards de dollars de dettes

Considérée comme responsable de nombreux incendies, PG&E avait dû se sous la protection du régime des faillites américain dès janvier dernier. Elle évaluait alors avoir à payer 30 milliards de dollars de dédommagement. PG&E se montre cependant assez optimiste sur ses capacités à se redresser. Et accueille avec scepticisme la demande de rachat des élus californiens. "Nous demeurons convaincus qu’une prise de contrôle par un gouvernement ou un client n’est pas une solution optimale" a communiqué la porte-parole de PG&E Jennifer Robinson au New York Times.

D’après le quotidien américain, la restructuration de l’entreprise pourrait être difficile. Les élus eux-mêmes reconnaissent d’ailleurs que la rénovation du réseau électrique, considéré comme négligé, coûterait des milliards de dollars.

Antoine Laurent