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Grippe aviaire: les producteurs de foie gras veulent une étude sur la vaccination

Des élevages de canards ont été abattus pour faire face à l'épidémie

Des élevages de canards ont été abattus pour faire face à l'épidémie - GEORGES GOBET © 2019 AFP

Alors que la grippe aviaire fait des ravages, l'interprofession du foie gras Cifog demande une réflexion sur la piste vaccinale.

L'interprofession du foie gras Cifog demande à l'Etat la formation d'un groupe de travail pour étudier la possibilité de vacciner à l'avenir les canards contre l'influenza aviaire, qui fait des ravages cette année dans le Sud-Ouest, a indiqué vendredi sa directrice à l'AFP.

"On demande à l'Etat d'ouvrir un dossier sur la vaccination" avec la création d'un "groupe de travail qui réunisse scientifiques, laboratoires, professionnels et administration sous l'égide du ministère de l'Agriculture", a déclaré Marie-Pierre Pé.

"C'est une demande forte du terrain", donc des éleveurs, d'ouvrir cette réflexion, a ajouté la directrice du Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog).

Le Sud-Ouest est toujours aux prises avec l'influenza aviaire hautement pathogène H5N8 (communément appelée grippe aviaire), qui vide, tout particulièrement dans les Landes, les élevages de leurs canards et empêche de relancer la production avec de nouveaux canetons.

Danger sur les espèces

Selon un dernier bilan ministériel, la France compte 447 foyers en élevage, dont 434 dans le Sud-Ouest. Plus de deux millions de volailles (essentiellement des canards) y ont été abattues pour tenter d'endiguer la propagation du virus.

Cet épisode intervient quatre ans après celui de l'hiver 2016-17, marqué par l'abattage de 4,5 millions de palmipèdes. Des producteurs réclament alors de pouvoir vacciner les cheptels, une option actuellement interdite dans l'Union européenne.

"Il est extrêmement important d'ouvrir ce sujet au plus haut des instances" et de "mettre la science autour de la table", a insisté Mme Pé, qui compte interpeller directement le Premier ministre Jean Castex, en déplacement dans la région vendredi.

Outre les pertes économiques, la profession alerte sur la menace que font peser ces crises à répétition, et les abattages qui en découlent, sur toute une "génétique exceptionnelle", comme l'oie grise du Sud-Ouest.

"Techniquement délicate"

"A l'heure actuelle, la vaccination des animaux est techniquement délicate", rappelle l'agence sanitaire Anses sur son site internet. "Il faut garantir que le vaccin soit bien adapté aux virus présents dans la zone considérée et que la mise en oeuvre du vaccin ne favorise pas la circulation inapparente du virus sauvage chez les oiseaux vaccinés."

Interrogé à l'occasion d'un déplacement dans le Gers, le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie avait écarté la piste vaccinale, en partie parce que cela "empêcherait bon nombre d'éleveurs d'exporter leur production vers des pays n'autorisant pas l'importation de produits vaccinés".

Thomas Leroy avec AFP Journaliste BFM Business