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Face aux fermetures de sites et aux suppressions de postes, les salariés de Boiron se mettent en grève

Boiron avait annoncé en mars la suppression de 646 postes et la fermeture d'une douzaine de sites en France.

Boiron avait annoncé en mars la suppression de 646 postes et la fermeture d'une douzaine de sites en France. - Loic VENANCE / AFP

Le spécialiste lyonnais de l'homéopathie avait annoncé en mars la suppression de plus de 600 postes et la fermeture d'une douzaine de sites.

Appel à la grève chez le spécialiste des produits homéopathiques. Les salariés des laboratoires Boiron sont appelés mercredi à cesser le travail et à se rassembler sur les différents sites du groupe, en marge d'un comité social et économique (CSE) qui examinera le plan de restructuration de l'entreprise lyonnaise. La direction, qui pointe du doigt la décision de dérembourser l'homéopathie prise par le gouvernement français, avait en effet annoncé en mars dernier la suppression de près de 650 postes en France, soit un quart des effectifs, et la fermeture d'une douzaine de sites.

"Les conséquences du plan social se font déjà ressentir chez les sous-traitants, notamment les transporteurs. Il n'y plus qu'une livraison par jour au lieu de deux depuis le mois d'avril", explique à France 3 Occitanie le directeur-adjoint du site de Pérols (Hérault), qui estime que le mouvement "sera très suivi".

L'usine de production de Montrichard (Loir-et-Cher) sera arrêtée tandis que seront fermés les sites de préparation-distribution d'Avignon, Belfort, Brest, Grenoble, Limoges, Niort, Bois d’Arcy, Ivry, Pau, Rouen, Strasbourg et Toulon. Les équipes des sites conservés seront, elles, redimensionnées. Par ailleurs, 134 postes seront créés.

L'homéopathie, qui était auparavant remboursée par l'Assurance maladie à hauteur de 65% avant de tomber à 30%, n'est plus remboursée qu'à 15% depuis le 1er janvier 2020, et ce taux tombera à zéro l'année prochaine. Boiron, leader mondial du secteur, avait bataillé sans succès contre la volonté du ministère de la Santé, qui avait jugé l'homéopathie inefficace et avait annoncé son déremboursement progressif en juillet 2019 – l'entreprise assurait alors qu'une telle décision menacerait un millier d'emplois en France où elle emploie 2500 personnes.

Un semestre dans le rouge

Plombé par les coûts de son plan de réorganisation en France – seule la partie française des salariés est concernée – le laboratoire lyonnais a dévoilé une perte nette de près d'un million d'euros au premier semestre, contre un peu moins de 400.000 euros l'année précédente. Les ventes du groupe, déjà dévoilées en juillet, ne se sont que légèrement repliées sur les six premiers mois de l'année: le fort recul du marché français, qui représente encore la moitié des ventes de Boiron, a été compensé en partie par la croissance des ventes à l'international.

Le déremboursement n'est néanmoins pas le seul responsable du recul du marché français, aussi touché par "la diminution des consultations médicales et de la fréquentation des pharmacies due à la crise sanitaire", expliquait alors le groupe dans son communiqué. D'autant que le marché étranger, notamment américain, a bénéficié d'une "belle envolée de la vente en e-commerce durant le confinement", explique la directrice générale de Boiron, Valérie Lorentz-Poinsot, dans un entretien donné à la Tribune. Un canal "beaucoup moins développé pour ce secteur" sur le sol européen.

Jérémy Bruno