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Une rentrée boursière à plusieurs facettes

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Les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, notamment, ne facilitent pas la visibilité sur les marchés boursiers.

L’épargnant est, en cette rentrée 2018, est soumis à dure épreuve. En effet, le petit regain de l’inflation élime les rendements des placements de taux. Les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine pèsent sur le cours des actions. Au gré des rumeurs concernant l’éventualité ou pas de négociation, les indices boursiers font le yo-yo.

Pour autant, ces derniers jours, un regain d’optimisme est de mise. A quelques semaines des élections du Congrès, la commission à la Chambre des représentants a adopté un projet de réduction des impôts, ce qui est, en règle générale, bien apprécié des investisseurs. Les marchés réagissent, par ailleurs positivement à la publication de plusieurs indicateurs mensuels qui ont confirmé la bonne santé de l’économie américaine.

La production industrielle a ainsi progressé de 0,4% en août (contre + 0,3% anticipé par le marché) et l’indice de confiance du consommateur, établi par l’Université du Michigan, a atteint un pic de six mois en septembre. Le cycle de croissance aux Etats-Unis en est à sa 9e année, ce qui constitue presque un record. A contrario, la probabilité d’un retournement augmente de mois en mois. En outre, la politique de soutien budgétaire de l’administration Trump risque de provoquer une surchauffe pouvant déboucher sur une crise. Les indices boursiers américains battent record sur record.

Mais, les inquiétudes liées au tassement de l’activité de Facebook ne semblent pas suffisantes pour peser réellement sur le Nasdaq. Les investisseurs se réjouissent aussi de la bonne tenue des marchés asiatiques qui, ont, ces derniers jours, enregistré leur meilleure performance depuis janvier 2017. Le rebond de la livre turque après le net relèvement des taux de la banque centrale du pays (de 17,75% à 24%) a, de son côté, permis de calmer le jeu. Malgré tout avec l’appréciation du dollar qui bénéficie des hausses successives des taux directeurs de la FED et de la bonne tenue de la conjoncture américaine, les pays émergents doivent faire face à des sorties de capitaux qui, à force, peuvent être nuisibles au maintien d’un bon rythme de croissance.

Enfin, le recours à des emprunts libellés en dollar demeure assez fréquent dans ce pays, ce qui les expose à un risque de taux et de change.

Philippe CREVEL