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Le crowdfunding se met à l’heure immobilière

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En 2018, les plateformes de crowdfunding ont collecté 402 millions d'euros selon le baromètre annuel de KPMG et Financement Participatif France (FPF). 20% de plus qu'en 2017.

Le crowdfunding a connu un phénomène de mode dans les années 2014-2017. Depuis, le financement participatif est entré dans les mœurs sans pour autant modifier les rapports de force au niveau du financement. Les seuls crédits aux entreprises non financières souscrits en 2018 ont porté sur 57 milliards d’euros. Le flux de crédit des ménages s’est élevé toujours en 2018 à plus de 3,5 milliards d’euros.

De leur côté, les plateformes de crowdfunding ont collecté, en 2018, 402 millions d'euros selon le baromètre annuel de KPMG et Financement Participatif France (FPF). La hausse a été de 20 % par rapport à 2017, en retrait par rapport à celle enregistrée les années précédentes (43,6 % par exemple entre 2016 et 2017). 1,5 million de personnes ont financé 33 381 projets en 2018, contre 24 126 en 2017, un investisseur a pu réaliser une ou plusieurs souscriptions dans l'année.

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Les opérations de prêts (crowdlending) arrivent en tête dans le crowdfunding avec une collecte de 273 millions d'euros, en hausse de 40 % par rapport à 2017. Les sites de don ont enregistré une baisse de leur collecte de 2 % par rapport à 2017, avec un montant total de 81,5 millions d'euros. Le crowdequity a connu une forte baisse, -19 % en 2018 avec une collecte de 45,9 millions d'euros, contre 57,5 millions d'euros en 2017.

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Les montants récoltés pour les projets varient en fonction du type de crowdfunding. Les projets financés par le don sans récompense ont par exemple collecté en moyenne 2 300 euros quand les prêts sous forme d’obligations atteignent plus de 600 000 euros par opération.

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L’Île-de-France arrive largement en tête pour les opérations de crowdfunding en concentrant plus de 25% de la collecte. Elle est suivie par la région Auvergne Rhône-Alpes (18%) et l’Occitanie (9,4%).

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En France, il existe une soixantaine de sites de crowdfunding. Une majorité d'entre eux sont des sites généralistes. Il existe également des plateformes thématiques (agriculture, immobilier, développement durable…) et des plateformes régionales.

Le crowdfunding immobilier gagne ses lettres de noblesse

L’immobilier représente plus de 40 % des fonds levés sur les plateformes de financement participatif. Le crowdfunding immobilier permet aux particuliers et aux professionnels d'investir collectivement dans des projets immobiliers. C'est une variante du crowdlending car l’opération constitue un prêt collectif auprès d'un promoteur immobilier. Les financeurs souscrivent à un emprunt obligataire émis par la société-mère du promoteur immobilier ou par une société de projets. Le taux de rendement contractuel est fixé en amont du projet. Le recours au crowdfunding permet aux promoteurs d’améliorer leurs fonds propres et de négocier plus facilement leurs lignes de crédit avec les banques.

La multiplication des plateformes de financement participatif spécialisées dans la promotion immobilière devrait déboucher à moyen terme sur une rationalisation. Certaines devront fermer ou fusionner pour avoir une masse critique suffisante.

Dans le cas du crowdfunding immobilier, les particuliers peuvent soit participer au financement d’un projet, soit contribuer au financement du promoteur. Dans le premier cas, le risque porte sur le projet quand sur le second il repose sur l’ensemble des activités du promoteur. Le taux de rémunération des prêts atteint jusqu’à 10 %. Les investisseurs récupèrent le montant de leur souscription ainsi que les intérêts perçus une fois que le projet est terminé et commercialisé (en général entre 12 et 24 mois).

En 2018, le crowdfunding immobilier a collecté plus de 185 millions d'euros en 2018, contre 101 millions en 2017, soit une hausse de 83 %, d'après le baromètre de Fundimmo et Hellocrowdfunding réalisé auprès de 32 plateformes. Au total, 343 projets ont été financés en 2018, contre 220 en 2017. Le montant moyen d'une collecte (539 000 euros) est en hausse de 18 %.

Philippe CREVEL