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Endettement : record mondial à184 000 milliards de dollars

Selon le FMI, l'endettement mondial a atteint 184.000 milliards de dollars en 2017, soit 225% du PIB de la planète.

Selon le FMI, l'endettement mondial a atteint 184.000 milliards de dollars en 2017, soit 225% du PIB de la planète. - Philippe Desmazes - AFP

Depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, selon le Fonds monétaire international (FMI), jamais le niveau d’endettement n’avait été aussi élevé.

C'est un record. La dette globale (publique et privée) des 190 pays membres de l’organisation internationale a atteint la somme de 184 000 milliards de dollars, soit 225 % de leur PIB cumulé.

En moyenne, la dette mondiale dépasse maintenant 86 000 dollars par habitant, soit plus de deux fois et demi le revenu moyen par habitant.

Le secteur privé est le principal contributeur à la hausse de l’endettement. En effet, sa dette a triplé depuis 1950. La dette est concentrée sur les trois premières économies mondiales, les États-Unis, la Chine et le Japon. Ils représentent plus de la moitié de la dette mondiale. Ces dernières années, ce sont les pays occidentaux qui ont contribué à la progression de la dette mondiale même si la Chine a, elle aussi, recouru fortement à l’endettement tant pour financer ses investissements que pour maintenir à un haut niveau sa croissance.

Le FMI a souligné que l'endettement des pays à faible revenu a atteint des niveaux proches de ceux observés quand ces pays demandaient un allègement de leur dette auprès des institutions internationales.

L’institution a également fait remarquer que les perspectives de désendettement restent incertaines dans un contexte de resserrement des conditions financières dans de nombreux pays, avec notamment la hausse des taux d'intérêt aux États-Unis.

Le niveau d’endettement devient problématique à partir du moment où la croissance est insuffisante pour permettre son remboursement et quand les épargnants refusent de prêter. Du fait de la montée de la dette dans tous les pays, la possibilité de sauter du train pour en prendre un autre, moins risqué, est difficile. Ces dernières années, par aversion aux risques, les épargnants ont privilégié les placements en obligations d’État et d’entreprise, ce qui a contribué à la baisse des taux.

Les banques centrales ont été l’autre grand acteur de l’endettement à travers la mise en œuvre des politiques monétaires non conventionnelles. L’arrêt des rachats d’obligation et la réduction des bilans des banques centrales pourraient-ils provoquer des tensions sur le marché des dettes ? L’augmentation de la taille des bilans des banques centrales a été très rapide, ces dix dernières années facilitant le financement global des Etats. Les premières émissions réalisées de titres publics au sein de l’Union européenne ne démontrent l’existence d’aucune difficulté pour placer des obligations publiques.

Le taux d’épargne demeure élevé, aidé en cela par le vieillissement de la population. De ce fait, le risque de tension sur le financement des dettes est avant tout lié à celui d’une forte récession ou d’une crise politique ou sociale au sein d’un des grands pays de l’économie mondiale.

La progression de l’endettement est le produit de besoins de financement croissant de la part de tous les agents économique ces vingt dernières années. A partir du moment où la croissance s’est étiolée. L’endettement croissant accompagne le déclin des gains de productivité. L’économie mondiale a besoin d’une croissance de plus de 3 %. Or les gains de productivité tendent vers 1 %. L’augmentation des dépenses sociales liées notamment au vieillissement qui concerne tant les pays avancés que les pays émergents sont également à l’origine de la hausse de la dette publique. Ce phénomène devant se poursuivre jusqu’en 2060 sera une source de tensions financières en cas d’absence de rebond de la croissance.

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- © Source Banque de France
Philippe CREVEL