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Trois offres de reprise ont été déposées pour Heuliez

rois offres de reprise de l'équipementier automobile Heuliez, qui lutte pour sa survie, ont été déposées lundi au tribunal de commerce de Niort. /Photo prise le 13 avril 2010/REUTERS/Charles Platiau

rois offres de reprise de l'équipementier automobile Heuliez, qui lutte pour sa survie, ont été déposées lundi au tribunal de commerce de Niort. /Photo prise le 13 avril 2010/REUTERS/Charles Platiau - -

PARIS - Trois offres de reprise de l'équipementier automobile Heuliez, qui lutte pour sa survie, ont été déposées lundi au tribunal de commerce de...

PARIS (Reuters) - Trois offres de reprise de l'équipementier automobile Heuliez, qui lutte pour sa survie, ont été déposées lundi au tribunal de commerce de Niort, a annoncé mardi le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi.

Il appartient au tribunal de déterminer quelle offre garantit au mieux l'avenir du site industriel d'Heuliez et de ses 600 salariés, précise le ministère dans un communiqué.

Christian Estrosi juge "extrêmement positif" le nombre de marques d'intérêt reçues et souligne que "l'Etat se tient prêt à accompagner les projets de reprise qui seraient sérieux sur le plan industriel et social".

Parmi ces offres figure le plan de continuation déposé par un investisseur, Charles Mircher, qui serait le nouvel actionnaire majoritaire suite à une cession de titres par la société Bernard Krief Consulting (BKC). BKC avait été désigné comme repreneur par le tribunal de commerce il y a près d'un an, mais n'a jamais apporté les 15 millions d'euros promis.

"D'après nos informations, il aurait repris 51% des parts de BKC. Son plan de continuation parle de garder le maximum de salariés sans plus de précision mais il doit lui aussi satisfaire à l'obligation qui est faite aux repreneurs d'injecter au moins 20 millions d'euros", a indiqué mardi à Reuters Gilles Bineau, délégué CFDT.

Ce dernier s'exprimait après un comité d'entreprise qui s'est tenu avec l'administrateur judiciaire Gilles Valliot.

Une autre offre conjointe émane de la société française BGI (Baelen de Gaillard Industries) et de la société allemande ConEnergy, BGI reprenant l'activité d'emboutissage et ConEnergy la partie véhicules électriques.

L'AVENIR DÉPEND DE LA MIA

Selon Gilles Bineau, BGI et ConEnergy, qui proposent d'apporter 10 millions d'euros chacun, se sont engagés à reprendre respectivement 310 et 100 salariés.

La dernière offre de rachat émane d'un fonds d'origine malaisienne Delamore and Owl (D&O), qui reprendrait l'ensemble de l'activité industrielle actuelle du groupe Heuliez.

Selon les syndicats, D&O a fait une offre de reprise de 25 millions d'euros, que les dirigeants voulaient favoriser. Soixante-dix pc des salariés seraient repris selon le dossier.

L'avenir d'Heuliez dépend pour une bonne part du développement de la Mia, un véhicule électrique présenté au dernier salon de Genève.

Cependant, la solution de reprise franco-allemande ouvrirait de nouvelles perspectives en permettant le maintien et le développement de l'activité traditionnelle d'emboutissage.

Selon les syndicats, le dernier calendrier de l'administrateur prévoit qu'il dépose son rapport au tribunal de commerce le 22 juin pour une audience le 23 et une décision qui serait rendue le 30 du mois.

L'Etat a promis 10 millions d'euros via le Fonds stratégique d'investissement (FSI) et la région Poitou-Charentes s'est engagée à hauteur de cinq millions d'euros dans le cadre d'un pacte d'actionnaires.

Heuliez a été replacé en redressement judiciaire en mai. Le groupe avait déjà été placé en redressement il y a près d'un an, avant d'en sortir en raison du projet de reprise par BKC.

Le tribunal de commerce de Niort (Deux-Sèvres) a fixé au 21 novembre la fin théorique de la période d'observation qui suit le dépôt de bilan mais a précisé qu'il serait statué dans deux mois, le 28 juillet, sur sa prolongation éventuelle.

Le redressement judiciaire permet le paiement d'une partie des salaires par les assurances de garantie des salaires (AGS), un dispositif public, et donne du temps pour examiner les offres des repreneurs potentiels.

Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse