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Yves Galland (Boeing): "Airbus a prévu un marché trop important pour les gros porteurs"

Yves Galland, le président de Boeing France, était l'invité de BFM Business, jeudi 24 octobre.

Yves Galland, le président de Boeing France, était l'invité de BFM Business, jeudi 24 octobre. - -

Le président de Boeing France était l'invité de BFM Business, ce jeudi 24 octobre. Il est notamment revenu sur les difficultés d'Airbus, qui pourrait revoir sa stratégie concernant les A380.

Malgré les déboires du Dreamliner, Boeing va bien. Les résultats de l'avionneur, publiés mercredi, en témoignent.

Invité de BFM Business, jeudi 24 octobre, Yves Galland, le président de Boeing France, a fait part de sa satisfaction et livré un début d'explication.

Il a notamment évoqué des périodes de "crise" durant les 10 dernières années, dont Boeing a su se relever. Sans pouvoir éviter la comparaison avec l'éternel concurrent Airbus: "nous sommes assis sur deux pieds, un pied militaire et un pied commercial. Louis Gallois (l’ex-patron d’EADS), d’ailleurs, pensait que c’était le modèle idéal. Il y a une partie militaire chez Airbus avec Cassidian, mais le pourcentage militaire d’EADS est beaucoup plus faible que celui de Boeing", a-t-il déclaré.

Boeing veut vendre 35.000 avions dans les 20 prochaines années

"Aujourd’hui, notre partie militaire est beaucoup moins dynamique, mais notre partie d’aviation commerciale a un formidable dynamisme", s'est-il enthousiasmé.

"Nous allons doubler la flotte mondiale dans les 20 ans qui viennent ! Ce sont 35.000 avions qui seront vendus, dont 40% seront du remplacement. Les autres seront des expansions de flottes. Pour une raison simple : nous transportons aujourd’hui 5 milliards de passagers, nous en transporterons alors 10 milliards."

Tout en précisant: "cette croissance bénéficie d’ailleurs à l’industrie française, puisque nous lui achetons chaque année 4,5 milliards de dollars, l’équivalent de 25.000 emplois."

"Nos analyses prévalent"

Interrogé sur le cas d'Airbus, qui pourrait revoir sa stratégie sur les A380, Yves Galland croit savoir pourquoi: "nous avons l’habitude de ne jamais dire de mal d’Airbus, et je souhaiterais d’ailleurs que la réciproque soit toujours vraie", a-t-il malicieusement glissé.

"Mais je ne suis pas étonné. Nous avons une différence d’analyse pour les 20 ans à venir : nous avons prévu 760 gros porteurs, alors qu'Airbus en avait prévu 1.711. Donc je pense que nos analyses, pour l’instant, prévalent. Airbus a prévu un marché trop important pour les gros porteurs."

Y. D.