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Vu des Etats-Unis: l'amertume des clients de Volkswagen

Outre-Atlantique, là où a été démasquée la fraude de Volkswagen, les propriétaires de voiture diesel particulière ne cachent pas leur colère. Certains s'apprêtent à attaquer le groupe au plus tôt. Reportage.

Aux Etats-Unis, les clients de Volkswagen se sentent trahis par le scandale des véhicules diesel dont le caractère polluant avait été sciemment minoré par un logiciel faussant les tests. N'ayant aucune idée de la façon dont le constructeur souhaite réparer le préjudice qu'ils ont subi certains pensent déjà à l'attaquer en justice.

C'est le cas de Bob Merlis, qui conduit sa Volkswagen tous les jours, une Jetta diesel achetée il y a un deux ans à Los Angeles. "J'étais attiré par l'argument écologique, je voulais acheter une voiture propre. Mais je réalise que lorsque c'est trop beau pour être vrai, et bien ce n'est pas vrai", regrette l'Américain.

Fidèle de la marque allemande depuis plus de 15 ans, il a l’intention de poursuivre Volkswagen en justice. "Il faut que le groupe nous reprenne nos voitures, parce que même s'il parvient à les ajuster pour que ses émissions respectent les normes environnementales, elles seront moins performantes, ou elles consommeront plus. Donc ce ne sera toujours pas la voiture que nous avons acheté", plaide Bob Merlis.

Les ambitions américaines de VW mortes-nées

Depuis l’annonce de la tricherie, les propriétaires des 400.000 Volkswagen concernées aux Etats-Unis sont amers. "Quand vous dépensez autant d'argent pour une voiture, que vous en avez besoin pour aller au travail et où que ce soit, vous espérez une certaine qualité. Et en fait, elle n'y est pas. C'est très décevant", déplore ainsi Marivi Badin.

Volkswagen reste un acteur mineur sur le marché automobile américain, loin derrière General Motors ou Ford. Mais le constructeur allemand misait beaucoup sur son "diesel propre". Des ambitions qu’il va falloir revoir à la baisse. "Volkswagen avait pour objectif, avec Audi et BMW, de vendre 1 million de voiture par an aux Etats-Unis", rappelle Matt Delorenzo, rédacteur en chef d’un magazine automobile. Selon lui, "ce n'est plus possible".

Privilégié par les poids lourds, et boudé par les automobilistes américains, le diesel ne représente que 1% des ventes de voitures neuves aux USA. Un volume qui ne devrait pas augmenter après le scandale.

>> Retrouvez notre dossier sur le scandale Volkswagen

Laura Orosemane, édité par N.G.