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Vers la fin des voitures électriques signées Bolloré?

La BlueCar reste cependant la 3e voiture électrique la plus immatriculée en France, mais essentiellement grâce aux réseaux d'auto-partage.

La BlueCar reste cependant la 3e voiture électrique la plus immatriculée en France, mais essentiellement grâce aux réseaux d'auto-partage. - AFP

S’il en a peut-être un jour caressé l’idée, l’industriel français veut désormais se concentrer sur les batteries et la fourniture de services, plus rentables que la voiture individuelle.

Futurs acheteurs d’une Bolloré BlueCar, il va falloir vous dépêcher. Si jusqu’à présent, la marque française ne croulait déjà pas sous les commandes, elle pourrait bientôt arrêter purement et simplement de vendre des voitures aux particuliers.

Selon l’agence de presse Bloomberg, Vincent Bolloré et sa filiale BlueSolutions comptent désormais surtout se concentrer sur l’autopartage, la vente de batteries, de services ou de station de recharge. Et avec douze exemplaires de BlueCar immatriculées en France le mois dernier, selon les chiffres de l’association Avere, difficile de donner tort à l’industriel breton.

Concurrence des grands constructeurs

"Quand nous nous sommes lancés, nous étions presque seuls. Maintenant, toutes les marques fabriquent des voitures électriques, et nous ne sommes pas compétitifs face aux grands constructeurs. Nous sommes compétitifs sur les services, la sécurité, mais pas sur la production de masse".

A côté de Renault, et de sa compacte Zoé, mais aussi de la Nissan Leaf, et bientôt des nouvelles générations de véhicules électriques comme l’Opel Ampera-e et ses 500 kilomètres d’autonomie, sans compter sur l’offensive tous azimuts du groupe Volkswagen, la BlueCar fait en effet pâle figure.

Robuste dans un réseau d’auto-partage, la petite citadine dessinée par Pininfarina se révèle peu pratique à l’usage pour des particuliers, explique Bloomberg. A la différence des batteries lithium-ion de la plupart des voitures électriques du marché, la batterie lithium métal polymère de la BlueCar doit en effet être branchée en permanence entre les trajets pour stabiliser la chimie de la batterie.

L’année dernière, Bolloré a vendu seulement 944 BlueCar, et la vente de batterie via sa filiale BlueSolutions ralentit également, ce qui inquiètent depuis plusieurs semaines les investisseurs. Le Français garde cependant un pied dans le secteur automobile. Il développe avec Citroën la e-Méhari, une voiture de plage 100% électrique, travaille avec Renault sur l’autopartage et a rencontré le maire de Londres Sadiq Kahn, peu après son annonce de réduire la circulation dans le centre de la capitale britannique. En 2016, grâce notamment à Autolib, la BlueCar s'était hissé au troisième rang des voitures électriques les plus vendues en France.

Pauline Ducamp