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Valérie Pécresse met la pression sur Alstom et Bombardier pour obtenir de nouveaux RER

Valérie Pécresse veut un "parcours de la gastronomie" en Ile-de-France

Valérie Pécresse veut un "parcours de la gastronomie" en Ile-de-France - VALERY HACHE / AFP

La président de la région Ile-de-France s'est rendue à Valenciennes dans les ateliers de production Alstom et Bombardier ce mardi.

Valérie Pécresse, s'est rendue dans le Nord ce mardi et a visité les usines Alstom et Bombardier, chargées de construire les futurs trains de banlieue de la région parisienne. La présidente de la région Ile-de-France n'a pas hésité à se montrer ferme alors que certains trains ont été livrés avec des malfaçons ou du retard. 

"Quand on a 6 milliards de commandes, eh bien on est à l'heure, et puis on ne fait pas du matériel défectueux non plus", a résumé Valérie Pécresse à des journalistes devant l'usine de Bombardier, à Crespin, dans le Nord. 

Des trains Région 2N déficients

Les deux usines sont chargées de la production des trains Régio 2N, qui circulent depuis 2018 sur la ligne R du Transilien, et des futurs RER NG (Nouvelle génération), qui rouleront notamment sur les lignes D et E du RER d'ici 2021.

Bombardier avait déjà été épinglé fin janvier, à cause de trains Région 2N défaillants, notamment à cause de vis mal serrée et des câblages déficients empêchant la bonne ouverture des portes. La SNCF avait refusé la livraison de plusieurs rames mais la livraison a repris depuis, Bombardier ayant "su remettre en place (un) mur qualité", selon le patron de SNCF Transilien, Alain Krakovitch.

La production des RER NG en retard

La construction des futures RER NG aussi pose problème. Le construction canadien a en effet prévenu en décembre que le programme prenait six mois de retard. Valérie Pécresse a expliqué vouloir jouer entre "vigilance" et "menace de sanctions" pour éviter les retards de livraison.

"Mais le problème que j'ai, c'est que les sanctions financières ne m'intéressent pas. Moi ce que je veux, c'est que les trains arrivent à l'heure!", a-t-elle expliqué. "Je monte le son progressivement! Mais ça marche, parce qu'ils m'assurent que vraisemblablement à l'été, le retard sera rattrapé", s'est-elle réjouie. Bombardier France a en effet décidé de dédoubler la ligne de production. 100 salariés supplémentaires ont ainsi été recrutés pour travailler sur le RER NG. 

"Je ne peux pas me permettre que les trains arrivent en retard."

"Il y a une telle souffrance en Ile-de-France sur les trains que je ne peux pas me permettre qu'ils arrivent en retard. Je les ai promis, il faut qu'ils arrivent, et je ne lâcherai rien", a-t-elle déclaré. La patronne des transports d'Ile-de-France est restée bien plus mesurée quand elle a pris la parole un peu plus tard devant les ouvriers de l'usine. "Bravo parce que vos trains sont magnifiques", leur a-t-elle lancé. 

Rappelant qu'Ile-de-France Mobilités a passé pour 5,2 milliards d'euros de commandes chez Alstom et 6,2 milliards chez Bombardier, "ce n'est pas fini", a indiqué Valérie Pécresse, puisque des appels d'offres pour 4 milliards d'euros de métros et de RER doivent bientôt venir. "Mais il faut faire attention", a-t-elle prévenu. "Pas de pression! Juste les attentes d'une cliente bienveillante et surtout impatiente."

Alexia Elizabeth avec Cyrielle Cabot et AFP