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Un éthylotest anti-démarrage pour les automobilistes condamnés

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Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, a annoncé que les éthylotests anti-démarrage seraient obligatoires dès 2009 pour les automobilistes condamnés pour conduite en état d’ivresse.

Les automobilistes condamnés pour conduite en état d'ivresse devront équiper leur véhicule d'éthylotests anti-démarrage pour une durée indéterminée. Ces éthylotests, qui bloquent le démarrage de la voiture en cas de taux d'alcoolémie trop élevé, vont leur être imposés dès la fin de l'année. Le coût de l'appareil, entre 800 et 1 000 euros, et sa mise en place seront à la charge du conducteur condamné. Le système oblige le conducteur à souffler pendant 5 secondes dans un tube relié à un appareil qui détecte le taux d'alcoolémie et qui empêche le véhicule de démarrer.

La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a annoncé hier que la prochaine loi de sécurité intérieure qui sera présentée à l'automne permettra aux juges d'imposer ces éthylotests : « Il y a effectivement le volet judiciaire, sous la forme de la peine complémentaire qui sera prononcée par un juge à l'encontre de quelqu'un qui aurait été sanctionné pour conduite en état d'ivresse : c'est l'obligation d'installer pendant une durée indéterminée l'éthylotest anti-démarrage. Et puis, il y a un élément de prévention, d'incitation des acheteurs : par exemple des parents pour des enfants pourront faire installer ce dispositif à titre préventif. »

L'expérience en Haute-Savoie

Depuis deux ans, le système est testé par la justice en Haute-Savoie. Et le bilan est positif : sur 200 contrevenants obligés de s'équiper de l'éthylotest, en un an, aucun n'a récidivé. Pierre Gustin, délégué général à la Prévention routière, explique ce que le juge propose à l'automobiliste : « Vous avez l'alternative : ou on vous retire votre permis pendant 6 mois ou un an, ou alors vous équipez votre véhicule d'un éthylotest de démarrage, vous respectez les règles, et au lieu d'avoir un retrait de permis, vous pouvez continuer à conduire et à exercer votre métier normalement. C'est une alternative intelligente avec pour objectif de faire changer le comportement du conducteur. »

Alors que 200 automobilistes ont dû installer un éthylotest anti-démarrage dans leur voiture, le docteur Charles Mercier Guyon, président du Comité de prévention routière de la Haute-Savoie, constate que « 80 % des taux positifs d'alcool détectés par les appareils le sont du fait de taux résiduels du matin après des consommations d'alcool le soir. Donc la première chose que l'on observe, c'est que les gens calment la consommation d'alcool le soir. La seconde conséquence que l'on observe, c'est un changement de mode de vie dans le cercle familial ou le cercle professionnel. Des conjoints, des femmes nos écrivent "Mon mari aide les enfants à faire leurs devoirs, il fait du bricolage, il ne va plus regarder les matchs de foot au bistrot tous les soirs, il rentre plus tôt". Cela modifie un peu la façon de vivre dans le petit quotidien. »

Il est à noter qu'un dialogue est également engagé avec les compagnies d'assurance pour qu'elles baissent leurs tarifs en échange de l'installation des éthylotests par leurs assurés.

La rédaction et Christophe Bordet