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Toyota va payer au prix fort un petit défaut de fabrication

Parmi les millions de véhicules rappelés par Toyota, figure les Yaris.

Parmi les millions de véhicules rappelés par Toyota, figure les Yaris. - -

Le constructeur a annoncé, mercredi 10 octobre, le rappel de près de 7,5 millions de véhicules à travers le monde, en raison d’un défaut pouvant provoquer des incendies. Une procédure qui pourrait lui coûter plusieurs dizaines de millions de dollars.

Le défaut identifié sur les lève-vitres électriques de certains modèles Toyota va avoir de lourdes conséquences pour le constructeur japonais. Pour écarter les risques d’incendie que peut provoquer le système défaillant, il a décidé de rappeler 7,43 millions de voitures à travers le monde. En France, 126 000 véhicules seraient concernés.

Une démarche qui va peser lourdement sur les finances de Toyota, souligne Eric Saint-Frison, consultant automobile sur BFM Business . " Pour remplacer le contacteur de lève-vitres de près 7,5 millions de voitures, il faut d’abord les produire. La logistique à mettre en place est phénoménale", estime-t-il.

La fabrication des pièces n’est que la première étape du processus. Il faut ensuite " les acheminer et puis les installer. Ce qui demande d’appeler les clients et de les faire venir dans l’atelier. Je vous passe les détails mais cela va demander des investissements qui se chiffrent en dizaine ou en centaines de millions de dollars. Tout cela pour un bouton de lève vitre ! "ironise-t-il.

Limiter le nombre de fournisseurs

Cet incident est la conséquence directe d’une course permanente à la rentabilité. Toyota procède, comme d'ailleurs quasiment tous les autres constructeurs, à la mutualisation de certaines pièces techniques entre différents modèles. Cela permet de réaliser des économies considérables en jouant sur les volumes.

Cette technique est poussée à l'extrême chez Toyota. Comme le japonais limite au maximum le nombre de ses fournisseurs, il est donc en mesure de leur garantir d’importants volumes. Avec en échange des prix ultra serrés.

Mais du coup, quand un défaut touche l'une des pièces, le nombre de modèles concernés est automatiquement considérable.

Toyota est également dépendant de l'externalisation. En effet, le groupe utilise massivement la sous-traitance. Ce qui explique aussi que, malgré un contrôle qualité des plus sévères dans les usines de Toyota, des défauts peuvent passer entre les mailles du filet.

Mathieu Sévin et BFMbusiness.com