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Toyota investit 1 milliard de dollars dans le VTC

Toyota collaborait déjà avec Grab depuis août 2017 et va désormais jouer un rôle plus actif au sein de la compagnie asiatique

Toyota collaborait déjà avec Grab depuis août 2017 et va désormais jouer un rôle plus actif au sein de la compagnie asiatique - Grab

Toyota a annoncé un investissement de 1 milliard de dollars dans Grab, leader du VTC (voitures de tourisme avec chauffeur) dans l'Asie du Sud-Est. Comme les autres constructeurs automobiles, il cherche se renforcer dans les nouveaux services de mobilité.

Le numérique impose aux constructeur de l’automobile de redéfinir leur stratégie. Pas seulement à cause des voitures autonomes, mais avec l’explosion mondial des VTC qui sont amenés à devenir de meilleurs clients que les simples particuliers. Et pour cause, ces services, lancés par Uber en 2010, offrent une véritable alternative à l’achat d’une voiture et dissuadent peu à peu les urbains d'acheter une voiture.

GM a investi dans Lyft, Daimler s’est offert Chauffeur Privé et est entré au capital de Taxify, Renault a fait l’acquisition de Marcel et du britannique Kahrou et Volvo a signé un partenariat avec Uber. Sans oublier Didi Chuxing, le géant chinois des VTC, qui a conclu fin avril un partenariat avec 31 partenaires de l'industrie automobile, dont Renault-Nissan et Volkswagen. C’est désormais au tour du Japonais Toyota de se lancer dans la course.

Le groupe japonais a annoncé un investissement de 1 milliard de dollars dans Grab, le service singapourien de VTC leader dans le Sud-Est asiatique.

"Nous sommes ravis d'avoir Toyota à nos côtés comme partenaire stratégique de long terme", a commenté Anthony Tan, PDG de Grab. La stratégie de Akio Toyoda, PDG de Toyota, est de multiplier les investissements et les alliances pour faire de son groupe "une société de mobilité", fournissant "des services aux utilisateurs dans le monde", et non plus un simple fabricant de voitures.

Déjà partenaire de Grab depuis 2017, Toyota va désormais tenir un rôle opérationnel dans l’entreprise. Un membre du groupe sera nommé au conseil d'administration de Grab, et un autre devrait rejoindre l'équipe exécutive, précise le constructeur dans un communiqué. Ce document évoque aussi d'autres transferts de personnel dans le futur sans préciser le nombre de personnes concernées, ni le calendrier.

2,1 millions de chauffeurs

Les deux sociétés développent ensemble "des services connectés" en utilisant des données de conduite collectées grâce à un enregistreur de bord développé par Toyota et installé dans des véhicules Grab. Elles espèrent désormais "mettre en application ces services à grande échelle à destination de leurs clients en Asie du Sud-Est".

Si en Europe Grab est presque inconnue, c’est un acteur de poids. Elle est présente dans 65 villes de sept pays d'Asie du Sud-Est (Singapour, en Indonésie, Malaisie, Thaïlande, Birmanie, Cambodge et Philippines) ce qui représente une population d’environ 650 millions d'habitants. Elle compte dans ses équipes 2,1 millions de chauffeurs.

Elle a signé un accord en mars 2017 pour reprendre les activités d’Uber dans la région. En échange, le groupe californien doit recevoir une participation de 27,5% du capital de Grab. La transaction a cependant été suspendue en avril par les autorités de Singapour, en attendant les conclusions d'une enquête pour savoir si la transaction respecte les règles de la concurrence. En juillet 2017, Grab a levé 2,5 milliards de dollars et compte parmi ses investisseurs SoftBank, le géant japonais des télécoms.

Pascal Samama