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Thalys se rapproche du modèle d'Eurostar

Thalys devient une entreprise ferroviaire en France et en Belgique, détenue à 60% par la SNCF et à 40% par la SNCB.

Thalys devient une entreprise ferroviaire en France et en Belgique, détenue à 60% par la SNCF et à 40% par la SNCB. - Philippe Huguen - AFP

La compagnie, qui dessert la Belgique, l'Allemagne et les Pays-Bas, devient une entreprise ferroviaire de plein exercice à compter du 31 mars. Elle sera ainsi en charge de l'exploitation technique des TGV et plus seulement de leur commercialisation.

Tout comme Eurostar, Thalys devient une entreprise ferroviaire à part entière. A compter du mardi 31 mars, la compagnie exploitera elle-même ses trains en France et en Belgique sans devoir systématiquement passer par la SNCF ou son homologue belge, la SNCB. La gestion de la sécurité, la maintenance des trains, les demandes de sillons (les créneaux de passage des trains), ou les relations avec les gares seront désormais de sa responsabilité. En revanche, la situation ne change pas sur les liaisons effectuées en Allemagne et aux Pays-Bas.

"D'une entreprise qui faisait surtout du marketing et du commercial, on devient une entreprise opérationnelle", résume la directrice de Thalys, Agnès Ogier, dans un entretien à l'AFP. Par exemple, "aujourd'hui, si on a un souci à Paris, c'est la SNCF qui gère. Demain, ça sera nous", explique-t-elle.

Un personnel dédié aux Thalys

Le personnel reste sous contrat SNCF ou SNCB, mais il sera entièrement dédié aux trains Thalys avec à la clé une organisation qui sera facilitée. Jusqu'à présent, un conducteur pouvait par exemple faire dans la même journée des trajets Thalys et TGV. L'entreprise passe ainsi de 200 à 550 collaborateurs, au sein d'une "famille" de 2.500 personnes, en incluant les collaborateurs extérieurs comme le personnel de bord de Railrest.

Cette transformation "est un outil pour servir nos axes stratégiques", se réjouit Agnès Ogier. Thalys espère ainsi accroître sa qualité de service et gagner en ponctualité sur les TGV circulant entre Paris et Bruxelles.

Avec un chiffre d'affaires de 498 millions d'euros en 2014, la compagnie a enregistré une croissance de 2,3%, et ambitionne de maintenir ce rythme dans les années à venir. La marge doit également croître, "pour s'autofinancer: investir dans les rames, le système d'information", détaille Agnès Ogier.

Thalys réalise une marge "en France et en Belgique, qui représentent 80% du chiffre d'affaires", a-t-elle ajouté, sans plus de précision. La création d'une liaison avec l'ouest de la France est à l'étude, "liée à l'ouverture" de la ligne à grande vitesse jusqu'à Bordeaux, prévue pour juillet 2017, a commenté Agnès Ogier.

Thalys regroupe désormais deux structures: une société d'exploitation en Allemagne et aux Pays-Bas, dont l'actionnariat reste identique (SNCF 62%, SNCB 28% et DB 10%), et une entreprise ferroviaire en France et en Belgique, dont seront actionnaires uniquement SNCF (60%) et SNCB (40%). Les résultats de Thalys seront désormais consolidés dans ceux de la SNCF.

C.C. avec agences