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STX: Fincantieri n'a "pas une âme colonialiste" assure son PDG

Giuseppe Bono, PDG du groupe italien Fincantieri

Giuseppe Bono, PDG du groupe italien Fincantieri - JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Le PDG du groupe Fincantieri, repreneur des chantiers navals de Saint-Nazaire, a joué la carte de l'apaisement lors d'une visite auprès du personnel de STX, désireux d'obtenir des garanties.

Après l'annonce de la reprise officielle des chantiers navals STX France de Saint-Nazaire par Fincantieri, l'heure est à la tentative d'apaisement pour le PDG du groupe italien, Giuseppe Bono, qui souhaite rassurer le management et les syndicats. Fincantieri n'a "pas une âme colonialiste", a-t-il assuré mercredi, au cours d'une visite sur les chantiers français.

Lors d'une réunion avec les organisations syndicales, qui a connu "une forte participation, nous avons pu expliquer qu'en tant qu'Italiens, nous n'avons pas une âme colonialiste et que nous sommes venus ici et avons réalisé cette opération parce que nous pensons qu'ensemble nous pouvons augmenter la valeur de nos entreprises", a déclaré Giuseppe Bono lors d'une conférence de presse.

"Le modèle de gouvernance, le management du chantier de Saint-Nazaire auquel nous renouvelons toute notre confiance, sera autonome pour gérer le chantier", a affirmé le président du groupe italien qui devrait reprendre 48% du capital de STX France. "Évidemment, il serait stupide que les entreprises qui travaillent dans le même secteur n'exploitent pas les synergies qui sont possibles", a-t-il cependant souligné.

"Aucune nécessité d'acquérir du savoir-faire"

Le constructeur naval italien a livré "52 navires" ces quinze dernières années, et en a "encore 29" dans son carnet de commandes. Il "n'a aucune nécessité d'acquérir du savoir-faire", a souligné Giuseppe Bono, alors que les syndicats craignent justement un transfert du savoir-faire français. De son côté, le chantier de Saint-Nazaire dispose d'un carnet de commandes bien rempli, avec 14 paquebots à construire d'ici 2026.

"Le travail est assuré à Saint-Nazaire pour dix ans. Nous allons travailler sur les 10 années suivantes", a pointé le PDG de Fincantieri qui s'est dit "convaincu que ce glorieux chantier pourra enfin atteindre la stabilité qu'il n'a pas eue ces dernières années". "On n'est pas un investisseur qui arrive et repart en courant, on est industriel", a-t-il dit. "Nous voudrions que notre investissement ait un retour mais nous avons aussi l'ambition d'expliquer à la finance et aux investisseurs que l'un des principes fondamentaux d'une entreprise, ce n'est pas seulement la dernière ligne du bilan mais aussi d'envisager la stabilité dans le temps", a-t-il ajouté.

P.L avec AFP