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SNCM: Cuvillier se dit favorable à un redressement judiciaire

La SNCM est en grève depuis le 24 juin.

La SNCM est en grève depuis le 24 juin. - -

Le secrétaire d'Etat aux Transports a estimé, ce samedi 5 juillet, que cette solution était "le seul moyen pour redonner un avenir à la SNCM". Il a également indiqué avoir écrit aux syndicats en ce sens.

Dans l'épineux dossier de la SNCM, le gouvernement vient de franchir un cap. Pour la première fois, le secrétaire d'Etat aux Transports Frédéric Cuvillier a en effet pris position publiquement pour le placement en redressement judiciaire de la compagnie maritime en difficulté, ce samedi 5 juillet, dans un entretien à La Provence.

"La voie du redressement judiciaire" favorisée par "la direction de l'entreprise" est "le seul moyen pour redonner un avenir à la SNCM, faire qu'elle redevienne un fleuron", y déclare-t-il, précisant qu'il vient d'écrire "dans ce sens" aux organisations syndicales.

Une réponse aux syndicats de la compagnie, en grève depuis le 24 juin, et dont l'Etat détient 25% du capital.

Les sanctions de Bruxelles pèsent trop lourd

Frédéric Cuvillier, qui s'était rendu lundi soir à Marseille pour rencontrer les représentants des salariés, justifie ce choix par une double "épée de Damoclès" pesant sur la compagnie. Celle de la trésorerie qui "pèse sur la pérennité de l'entreprise à court et à moyen terme" et celle des "contentieux européens", la SNCM étant condamné par Bruxelles à rembourser 2 fois 220 millions d'euros d'aides publiques jugées illicites.

"Négocier prend du temps et l'Etat ne peut prendre ces sommes à sa charge. Il n'a pas à le faire. Il ne peut, de toutes façons, légalement pas le faire. Cela veut dire que si l'on veut échapper aux contentieux, il faut changer l'organisation de la société. Il ne faut pas qu'il y ait une continuité d'activité dans les mêmes conditions. Continuer de la sorte aboutirait à une liquidation dont nous ne voulons pas. Chacun doit le comprendre sereinement. Il faut donc un plan de redressement maîtrisé. La situation décrite par la direction de l'entreprise laisse à penser que ce redressement passe par la voie du redressement judiciaire", explique ainsi le secrétaire d'Etat.

Y. D .avec AFP