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Salons automobiles: le Mondial n’est pas le seul à souffrir

Volvo a annoncé son absence au salon automobile de Genève l'année prochaine.

Volvo a annoncé son absence au salon automobile de Genève l'année prochaine. - Fabrice COFFRINI / AFP

Alors que l’avenir du salon de Paris interroge, malgré les efforts du commissariat de l’événement pour changer de modèle, c’est au tour de Genève de tanguer. Le constructeur Volvo vient d’annoncer son retrait du salon suisse.

Il y avait remporté le titre de ‘Voiture de l’Année’ en mars. L’an prochain, Volvo ne sera pas là pour voir quelle marque lui succédera. Le constructeur suédois a annoncé ce vendredi qu’il n’exposera pas au salon automobile de Genève (Suisse) en 2019. Ce salon était pourtant le seul salon européen auquel la marque se rendait encore, après avoir annulé sa participation aux salon de Paris en 2016 et de Francfort en 2017.

Les salons, vision du passé?

Le communiqué de Volvo qui annonce cette décision est explicite.

"Lancement de nouvelles voitures et services clients: Volvo Cars innove, peut-on lire en intitulé. Volvo confirme sa volonté de prendre ses distances vis-à-vis des rendez-vous traditionnels de l’industrie automobile, auxquels il préfère des évènements sur mesure".

Exit les salons et le passé, place à l’avenir (et déjà au présent), comprenez les réseaux sociaux et les évènements inédits. Volvo présentera ainsi la nouvelle S60 lors de l’inauguration de son usine de Charleston aux Etats-Unis. Du côté de la direction du Geneva International Motor Show (GIMS), le choc semble rude, et la contre-attaque cinglante.

"Chaque exposant qui ne vient pas, c’est une perte, résume son patron André Hefti dans Le Matin. Nous jouons actuellement une partie qui n’est pas facile. Detroit et Paris sont encore plus touchés que nous et même Francfort doit faire face à la réduction de BMW qui va passer de 11.000 à 3.000 m2 dans son salon ‘national’… Nous devons vivre avec ça, être à l’écoute des exposants et proposer de nouvelles idées. Mais nous avons beau faire tous les efforts, nous ne pouvons pas influencer leur décision. Je le regrette évidemment beaucoup".

Trouver une nouvelle formule

Cette annonce résonne avec la longue liste de défections qui émaillent la prochaine édition du Mondial de l’Automobile, le prochain grand rendez-vous du secteur début octobre dans la capitale. Le salon parisien fêtera cette année ses 120 ans, mais pas avec tous les constructeurs. Volvo, Mazda, Ford, Infiniti, Mitsubishi, Subaru, mais aussi des poids lourds comme Nissan (partenaire de Renault et qui produit sa Micra en France, à Flins dans les Yvelines), Volkswagen ou encore le groupe Fiat ne seront pas là. Et si Lamborghini ou Aston Martin seront présents, c’est via leurs concessionnaires parisiens, et non en leurs noms propres.

Le commissariat général du Mondial travaille sur une nouvelle formule, avec un salon la moto, un espace mobilité ou encore un partenariat avec le CES. Mais l’avenir ne s’annonce pas tendre.

"Il y a quelques années, quand avait été annoncée l’absence de Volvo du Mondial, personne ne croyait qu’un constructeur pouvait zapper un grand salon. Désormais, la prochaine étape, c’est l’absence des constructeurs dans leur propre pays", nous expliquait il y a quelques semaines un responsable d’un grand constructeur automobile.
Pauline Ducamp