BFM Business

Routiers: les patrons refusent de revenir à la table des négociations

Les fédérations patronales du transport routier refusent de se rendre à la table des négociations.

Les fédérations patronales du transport routier refusent de se rendre à la table des négociations. - MYCHELE DANIAU - AFP

Une réunion de négociation devait se tenir ce jeudi matin, à l'invitation du gouvernement. Mais le patronat du transport routier a l'intention de sécher, en dépit du rappel à l'ordre de l'exécutif.

Malgré les pressions répétées, le patronat du transport routier refuse de se confronter aux demandes des salariés. Toutes les fédérations patronales du secteur ont refusé mercredi 21 janvier de participer à la séance de négociations salariales prévue jeudi matin avec les syndicats, ce que le gouvernement a déploré dans la soirée.

Dans un communiqué publié peu après 22 heures, le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies, a estimé, contrairement aux organisations patronales "que les conditions de la négociation (étaient) réunies" et "déploré" leur refus de renouer le dialogue, interrompu mardi. Plus tôt, les quatre fédérations patronales du transport routier de marchandises avaient indiqué qu'elles ne se rendraient pas à la réunion convoquée jeudi à 8h30 à la Direction générale du travail, à Paris.

Stupeur des syndicats

"Aucun élément nouveau ne permet aujourd'hui de reprendre la négociation dans les meilleures conditions et d'espérer la signature d'un accord", avait argué la Fédération nationale des transports routiers (FNTR) - principale chambre patronale de la branche -, dans un communiqué. Les négociations butent sur l'ampleur de l'augmentation salariale: les syndicats réclament 5%, le patronat ne veut pas aller au-delà de 2%.

Rappelant que les propositions avancées mardi avaient "toutes été rejetées", ces quatre organisations assurent ne pas être "en capacité de faire mieux: nos entreprises sont frappées de plein fouet par la crise économique et souffrent d'un grave déficit de compétitivité", trois d'entre elles.

Les syndicats ont fait part de leur stupeur, ce scénario n'ayant visiblement pas été envisagé. Dénonçant l'attitude "jusqu'au-boutiste" du patronat, qui fait "pression sur le gouvernement pour aller lui arracher du pognon", un leader de la CGT a demandé à l'exécutif d'intervenir. "A l'Etat de renverser la situation et d'annoncer la suspension de toutes les aides publiques pour ces entreprises-là", a-t-il lancé.

Des salaires inférieurs au SMIC

Sans aller jusque-là, le secrétaire d'Etat aux Transports a souligné dans son communiqué que les entreprises du secteur "ont par ailleurs bénéficié d'importantes mesures de soutien à l'emploi". Avant d'enfoncer un peu plus le clou: "dans cette branche, les salaires conventionnels n'ont pas été augmentés depuis deux ans et certains taux horaires sont inférieurs au SMIC". En 2014, en effet, un seul des quatre coefficients dans le transport routier - celui des salariés les plus qualifiés - dépassait le Smic, fixé à 9,53 euros bruts par heure. Le salaire minimum a été relevé à 9,61 euros au 1er janvier.

Jeudi matin, les syndicats se rendront à la Direction générale du travail, en espérant que le patronat aura changé d'avis. "On a une convocation de l'Etat, on y va", a indiqué Patrice Clos de FO, imité par Thierry Cordier de la CFDT. "S'ils ne viennent pas, ils prendront leur responsabilité, et nous la nôtre", a précisé le secrétaire général de la CFDT Transport, premier syndicat de la profession.

Plus tôt dans la journée, la CFDT avait menacé d'"entrer dans un conflit majeur" si les organisations patronales ne revenaient pas à la table des négociations "dans les prochaines heures". Dans un communiqué, la CGT Transports "appelle ses militants à maintenir les actions prévues (jeudi) pour que la négociation se passe sous la pression et le contrôle des salariés".

N.G. avec AFP