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Renault met une de ses usines russes à l'arrêt

L'usine de Renault à Moscou a été mise en arrêt pour trois semaines, du 16 février au 6 mars.

L'usine de Renault à Moscou a été mise en arrêt pour trois semaines, du 16 février au 6 mars. - Andrei Smirnov - AFP

Face à la morosité du marché automobile en Russi, le constructeur a décidé de suspendre la production de son usine moscovite. Mais Renault reste optimiste sur sa capacité à encaisser la crise.

Renault suspend la production de son usine de Moscou, Le site, qui produit cinq modèles au logo du losange, sera à l'arrêt durant trois semaines du 16 février au 6 mars, a annoncé le constructeur ce mercredi 11 février. A l'origine de cette mesure, la mauvaise conjoncture économique qui plombe le marché automobile russe. Les prévisionnistes s'attendent à ce qu'il dégringole de 35 % cette année. Les mises à l'arrêt d'usines sur le territoire ont donc de de grande chance de se multiplier dans les mois qui viennent. 

Le but est d'adapter la production à la demande. Objectif: limiter les stocks, très gourmands en trésorerie. Après le ralentissement de sa production, il y a quelques mois, cette mise en "stand by" de l'usine s'inscrit dans cette logique de gestion des stocks.

La Russie, troisième marché du groupe

Le constructeur relativise cette fermeture. "C'est une simple mesure de gestion", assure Renault. Et il s'agit de son usine moscovite, pas de sa vaste unité de production de Togliatti. En outre, contrairement aux autres marques présentent en Russie, près de 80 % des pièces détachées utilisées par Renault sont conçues localement. Ce qui devrait selon le groupe lui permettre de rester très compétitif malgré la chute du rouble.

Certes, avec 200.000 ventes par an Russie –le pays est le troisième marché mondial de Renault et de l'alliance-, l'effondrement risque de nuire à la croissance commerciale de la marque. Mais le constructeur en est certain, son organisation industrielle lui garantit d'être le premier à bénéficier du retour de la croissance. 

La force de Renault-Nissan est en effet d'avoir racheté le russe Avtovaz en 2012. En mettant la main sur le fabricant de Lada, l'alliance s'est considérablement développée en Russie. Au point d'être considéré par de nombreux Russes comme une entreprise locale. Cela lui permet en outre d'être imperméable aux variations du taux de change. Sauf en ce qui concerne ses importations de matières premières, comme l'acier. Mais les contrats sur ce matériau sont généralement noués sur le long terme. Le scénario de Renault qui garde la tête hors de l'eau reste donc crédible… sauf si la crise s'installe durablement.

Mathieu Sevin