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Renault maintient sa plainte pour espionnage présumé

Renault a démenti jeudi tout revirement dans l'affaire d'espionnage présumé dont le constructeur automobile se dit victime et n'envisage pas de modifier sa plainte. /Photo prise le 11 janvier 2011/REUTERS/Jacky Naegelen

Renault a démenti jeudi tout revirement dans l'affaire d'espionnage présumé dont le constructeur automobile se dit victime et n'envisage pas de modifier sa plainte. /Photo prise le 11 janvier 2011/REUTERS/Jacky Naegelen - -

PARIS (Reuters) - Renault a démenti jeudi tout revirement dans l'affaire d'espionnage présumé dont le constructeur automobile se dit victime et...

PARIS (Reuters) - Renault a démenti jeudi tout revirement dans l'affaire d'espionnage présumé dont le constructeur automobile se dit victime et n'envisage pas de modifier sa plainte.

Le groupe avait dit mercredi n'exclure aucune hypothèse, alors que la thèse d'une manipulation dont Renault aurait été la cible gagne du terrain avec un nouveau témoignage en ce sens d'un cadre licencié en 2009.

Pour l'avocat de Renault, Jean Reinhart, l'entreprise n'a pas changé sa façon de voir les choses.

"Il n'y a pas lieu de chercher à dire qu'il y a un revirement ou quoi que ce soit", a-t-il dit sur i>Télé. "Tous les éléments du dossier conduisent en l'état, à notre connaissance, à garder notre plainte dans son état initial".

Renault n'écarte pas que l'entreprise ait été victime d'une manipulation mais attend la conclusion des enquêtes sur l'existence de comptes bancaires à l'étranger que possèderaient les cadres licenciés pour trancher, a dit mercredi un porte-parole du groupe.

Selon le quotidien Libération, deux des trois cadres soupçonnés d'espionnage et licenciés "ne disposeraient pas de comptes à l'étranger et auraient donc été victimes d'un règlement de comptes interne".

"MACHINATION"

Une thèse qu'évoque également Philippe Clogenson, ancien directeur marketing du groupe Renault licencié il y a deux ans pour des faits similaires.

"Une personne m'a annoncé qu'elle détenait la preuve que je recevais de l'argent de la part des prestataires, via des sociétés écrans sur des comptes à l'étranger, et que ça avait été vérifié par la sécurité du groupe", a raconté l'ancien cadre sur Europe 1, confirmant un témoignage révélé par Le Parisien.

"J'ai été abasourdi par rapport à ces accusations, parce que je n'ai jamais touché un centime de qui que ce soit par rapport aux contrats que je faisais avec ces prestataires", a-t-il dit, avant d'établir un lien avec l'affaire actuelle en évoquant une tentative de déstabilisation "en interne ou en externe".

"Ce que je peux dire, c'est que pour moi, il y a une machination dont, sans doute, Renault est la victime," a-t-il ajouté.

Les autorités suisses ont fait état oralement auprès des enquêteurs français d'une "réponse négative" concernant la présence de comptes pouvant appartenir aux cadres licenciés, dit-on de source judiciaire, mais le résultat écrit de leurs investigations n'est pas encore parvenu.

Une demande d'entraide similaire formulée auprès du Liechstentein n'a pas reçu de réponse à ce jour, précise-t-on de même source.

POLÉMIQUE

La plainte de Renault a été fondée sur une enquête privée menée en interne après des lettres anonymes mettant en cause les trois cadres dans des informations concernant le programme de véhicules électriques. Cette enquête, dit-on de source judiciaire, a été menée par un seul homme qui assure avoir eu accès à des comptes bancaires.

La manière dont Renault a géré cette affaire fait de plus en plus polémique, comme l'indique la réaction, jeudi, du centriste Jean Arthuis, président de la commission des Finances du Sénat.

"Cette affaire a pris une dimension folle et je m'étonne qu'on ait pu porter de telles accusations sur des allégations qui apparemment n'avaient pas de fondements", a-t-il déclaré sur Canal+.

"Ces espèces de règlements de comptes internes à l'entreprise sont d'ailleurs préjudiciables à (son) image", a-t-il ajouté.

Renault a confirmé que Patrick Pélata, le n°2 du groupe, avait été reçu lundi à Matignon à sa demande pour faire un point sur l'affaire.

Dans une lettre à Patrick Pélata diffusée par les services du Premier ministre, Jean-Paul Faugère, directeur de cabinet de François Fillon, dit avoir "pris bonne note des éléments d'information complémentaires" apportés par le dirigeant de Renault et transmis par ce dernier au parquet de Paris.

"Naturellement, il est souhaitable que la lumière puisse être faite le plus rapidement possible sur cette affaire préoccupante, afin que la justice puisse se prononcer", écrit Jean-Paul Faugère.

Service France, édité par Yves Clarisse