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Rafale: ces trois succès à l'export qui changent la donne 

Les forces armées du Qatar disposeront à terme de 36 Rafale.

Les forces armées du Qatar disposeront à terme de 36 Rafale. - Dassault Aviation

La nouvelle commande de douze Rafale par le Qatar est venue conforter le succès commercial de l'avion de chasse signé Dassault. Les ventes à l'export représentent désormais plus de la moitié des 180 avions commandés par l'État pour équiper l'armée française.

On a longtemps cru que cette merveille de technologie était "inexportable". À tort. En levant l'option sur 12 avions de chasse Dassault supplémentaires, qui s'ajoutent aux 24 déjà commandés en 2015 le Qatar fait aussi fort que l'Inde et sa commande en 2016 de 36 avions et propulse ainsi le joyau de Dassault parmi les grand succès à l'exportation de l'armement français.

Grâce au soutien actif de l'État, le groupe français a d'ores et déjà vendu 96 exemplaires de son avion de chasse, le tout concentré sur trois contrats (24 pour l'Égypte, 36 pour l'Inde et autant pour le Qatar). Au total, les Rafale destinés à équiper des armées étrangères représentent désormais plus de la moitié des commandes de la France pour le renouvellement de sa flotte d'avions de chasse: 180 dont 149 ont été déjà été livrés, trois devant l'être en 2018 et les 28 restant, à partir de 2021. Pour l'État, qui tentait depuis des années de vendre l'avion de chasse à l'étranger afin de soulager ses finances -le programme Rafale lui aurait coûté 43 milliards d'euros- le but est atteint.

Et ce n'est probablement pas fini. En Égypte, le gouvernement pourrait, comme le Qatar, lever une option portant sur l'achat de douze avions de chasse supplémentaires, leur financement ayant été accepté par Bercy.

L'Inde pourrait doubler la commande de 36 Rafale

De même, l'Inde n'a jamais caché vouloir éventuellement doubler à terme la commande des 36 avions Rafale déjà obtenue. Mais en attendant, dans le cadre du ­contrat Rafale signé en 2016, Dassault s’est engagé à produire en Inde certains équipements de son avion pour restituer une partie de la valeur ajoutée de l'avion aux sous-traitants locaux. À ce titre, en octobre 2017, Dassault a posé la première pierre de son usine de Nagpur avec son partenaire indien Reliance, dans le cadre d'une coentreprise baptisée Dassault Reliance Aerospace.

D'autres pays sont dans le viseur de Dassault qui pourrait bien signer un quatrième contrat à l'étranger en 2018. L'avionneur négocie avec la Malaisie pour un contrat de 18 avions, mais selon Reuters, le pays a mis en stand-by ce projet de modernisation de sa flotte de chasseurs.

En Belgique, Paris a proposé en septembre dernier au gouvernement de Charles Michel, qui souhaite acquérir 34 chasseurs, "un partenariat stratégique", afin de contourner un appel d'offres jugé trop favorable au F-16 de Lockheed Martin. La Belgique ne s'est pas encore officiellement prononcée, même si la manœuvre n'a pas trop plu au ministre flamand de la Défense Steven Vandeput.

En Europe, la Finlande et la Suisse sont aussi des clients potentiels. Sans parler, au Moyen-Orient, des Émirats arabes unis qui font espérer à Dassault depuis des années un contrat pour une soixantaine de Rafale.

Frédéric Bergé