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Qui est Jean-Marc Janaillac, le futur PDG d'Air France-KLM?

"Le conseil d'administration de la compagnie franco-néerlandaise s'est réuni dimanche pour désigner l'actuel PDG de Transdev comme successeur d'Alexandre de Juniac. Il faut dire que Jean-Marc Janaillac a de nombreux atouts."

Air France-KLM connaît le nom de son nouveau pilote. Le conseil d'administration de la compagnie franco-néerlandaise s'est réuni à la surprise générale dimanche 1er mai pour choisir Jean-Marc Janaillac, actuel PDG de Transdev, grand groupe public de transports en commun. Il succédera donc à Alexandre de Juniac, en partance pour l'IATA, l'association internationale du transport aérien.

Cette réunion ne devait avoir lieu que mardi mais finalement le conseil d'administration a été avancé de deux jours afin, selon le Figaro , de couper court aux rumeurs sur d'éventuelles fausses candidatures de dernière minute. Si le nom de Fabrice Brégier, actuel PDG d'Airbus, revenait avec insistance, c'est donc bien Jean-Marc Janaillac qui atterrit à la tête d'Air France KLM.

Il faut dire que l'actuel patron de Transdev avait plusieurs atouts dans sa manche pour conquérir le poste. Ses expériences dans l'aérien (il a fait partie de la direction de la défunte compagnie aérienne AOM jusqu'en 2000) et dans le tourisme au sein de Maeva (2000-2002) sont autant de qualités qui comptent pour diriger la plus grande compagnie aérienne tricolore.

Le redressement de Transdev

Mais c'est surtout son bilan à la tête de Transdev qui semble démontrer que le costume est taillé pour lui. Depuis sa nomination à la tête du groupe public spécialisé dans la mobilité, en 2012, il avait réussi à remettre les comptes dans le vert. Avec un plan de redressement en trois ans, le groupe est d'abord revenu à l'équilibre en 2014 puis a triplé son bénéfice en 2015 (82 millions d'euros) tout en réduisant son endettement.

"Franchement, on ne pensait pas qu’il réussirait à remettre la boîte d’aplomb en moins de trois ans", explique à Challenges Marc Riccardi, administrateur salarié CFDT. Il n'a pas hésité à prendre des décisions fortes pour y arriver, en se séparant des trois-quarts de l'équipe dirigeante.

Surtout, Jean-Marc Janaillac a aussi l'habitude de gérer les situations de crise, comme ce fut le cas avec la SNCM, qui a appartenu à 66% à Transdev et représentait "4% du chiffre d’affaires du groupe, mais un tiers de l’emploi du temps du patron, 50% des ennuis et 75% de pertes", selon un proche du PDG, cité par les Échos. Enfin, lors de son passage à la RATP (2004-2010) et à RATP Dev (2010-2014) il s'est taillé une réputation d'homme en phase avec l'idée de dialogue social.

Autant d'éléments qui ne faisaient que plaider en sa faveur pour diriger un groupe qui se doit de gagner en compétitivité face à la concurrence acharnée des compagnies du Golfe et des low-cost et où le dialogue avec le puissant syndicat des pilotes, le SNPL, est des plus délicats, comme l'a illustré la grève de l'automne 2014.

Camarade de François Hollande

Le point noir de sa candidature reste sa proximité avec le pouvoir. Jean-Marc Janaillac est en effet issu de la fameuse promotion Voltaire de l'ENA, la même que François Hollande avec qui il a également fréquenté les bancs de HEC. Mais, selon les Échos, Jean-Marc Janaillac a pris soin de ne pas utiliser la moindre connexion à l'Élysée en menant une campagne discrète auprès du ministre de l'Économie Emmanuel Macron.

Il devrait ainsi dès juillet s'atteler à poursuivre les objectifs de son prédécesseur notamment le plan stratégique Perform 2020, actuellement enlisé dans les négociations avec les pilotes. Il pourra néanmoins compter sur l'appui de Frédéric Gagey, le PDG d'Air France, qui, selon Reuters, a été confirmé dans ses fonctions.

Julien Marion