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PSA prêt à s'offrir Opel

PSA et Opel collaborent déjà au développement de projets commun (image d'illustration)

PSA et Opel collaborent déjà au développement de projets commun (image d'illustration) - Antonin Moriscot - BFM Business

Le groupe PSA songe à acquérir les marques Opel et Vauxhall, filiales européennes du constructeur américain General Motors.

Regroupant les marques Peugeot, Citroën et DS, le groupe PSA "explore la possibilité d'acquérir Opel et Vauxhall" indique un porte-parole du constructeur français, alors que les deux acteurs sont déjà liés par des projets industriels communs. Nouée en 2012, l'alliance stratégique qui lie General Motors à PSA, et prévoit le développement de plusieurs véhicules en commun, a "généré des synergies assez importantes" selon ce porte-parole.

La prochaine génération du monospace Opel Zafira sera par exemple réalisée sur la plateforme du 3008, le SUV à succès de Peugeot, et produite France dans l'usine PSA de Sochaux. Inversement, le successeur du petit monospace Citroën C3 Picasso sera lui conçu sur une base Opel et produit sur les chaînes de montage espagnoles du groupe General Motors. Enfin, un troisième véhicule, en cours de développement sera produit par PSA dans son usine de Vigo (Espagne). Il s'agit d'un utilitaire léger dont la version Opel sera très proche des successeurs des actuels Citroën Berlingo et Peugeot Partner.

Les syndicats se montrent prudents 

Contactés par BFM Business, les syndicats CFTC et Force Ouvrière de PSA indiquent avoir "appris la nouvelle par la presse" et se montrent prudents quant à l'issue des ces tractations, "n'ayant pas été informés en interne". 

"Il est évident qu'un partenariat important se prépare" explique Christian Lafarge, délégué syndical central Force Ouvrière. "Il y a quelques temps, Carlos Tavares expliquait qu'il valait mieux être chasseur que chassé. PSA fait aujourd'hui partie des constructeurs les plus rentables. Nous sommes dans une position favorable" explique-t-il. 

"On se doutait que PSA ne pouvait pas rester seul. Et mieux vaut être en position de force pour nouer des alliances" complète Patrick Don, délégué syndical central CFTC. "Aucun indice n'a été donné sur un éventuel rapprochement ces dernier temps même si on se doutait bien, depuis l'arrivée de Carlos Tavares, que le but était d'aboutir à une alliance" avec un autre constructeur précise-t-il. 

Le secteur automobile s'agite en Bourse 

Comme le rappelle l'AFP, cette annonce intervient une semaine après l'annonce par General Motors d'une perte de 257 millions de dollars pour ses activités européennes, le seizième exercice annuel dans le rouge consécutif du géant américain sur le Vieux continent. Le géant de Detroit a perdu plus de 15 milliards de dollars en Europe depuis 2000 et ne table désormais sur un retour à l'équilibre qu'en 2018, après une année 2016 plombée par les premières conséquences du Brexit et la baisse du cours de la livre sterling.

En Bourse, à la suite de cette annonce, le secteur automobile s'agite. L'action Peugeot gagne plus de 3,5% à 18,55 euros tandis que le titre Renault avance de 2,1% à 89,3 euros. 

Antonin Moriscot