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Pourquoi les pilotes d'Air France ont été gâtés en 2015

Des pilotes Air France lors d'un mouvement de grève en 2014

Des pilotes Air France lors d'un mouvement de grève en 2014 - Érif Feferberg - AFP

"Les salaires des pilotes de la compagnie française ont bondi de 7% l'an passé, selon le Parisien. Une hausse qui est en fait due à la partie variable de leur rémunération."

Les relations entre Air France et ses pilotes ont souvent été orageuses l'an dernier. Les images de la chemise déchirée du DRH Xavier Broseta lors de débordements durant un comité central d'entreprise l'avaient parfaitement illustré. 

Il n'empêche que les pilotes ne sont pas si mal lotis. Ainsi, Air France leur aurait accordé en 2015 une augmentation moyenne de 7% en 2015, rapporte le Parisien ce samedi 14 mai. Dans la mesure où un pilote à Air France gagne en moyenne 190.000 euros bruts cette augmentation représenterait environ 13.000 euros de plus. Ce alors que l'inflation a été nulle l'an dernier et que les autres personnels de la compagnie tricolore (personnels au sol, steward et hôtesses) n'ont vu leur salaires progresser que de 1,5% au maximum.

Le quotidien francilien ajoute que depuis le début de l'année 2016, le salaire des pilotes a encore été rehaussé de 4% par rapport à fin 2015.

Rémunération variable

En fait, l'envolée de la rémunération des officiers et commandants de bord s'explique avant tout par la composition de leurs émoluments. Il y a ainsi une importante part variable qui dépend du niveau d'activité (et donc d'heures de vols) des pilotes. L'an dernier, le retour aux bénéfices d'Air France (118 millions d'euros) a été synonyme d'une importante hausse de l'activité des pilotes.

"Il faut se rappeler qu'entre 2008 et 2014, avec la crise, nous avons perdu entre 10 % et 15 % de notre salaire. Si cette hausse en 2015 peut paraître importante, elle nous permet à peine de revenir au niveau de rémunération de 2008", indique Emmanuel Mistrali, du SNPL, le principal syndicat de pilotes d'Air France, cité par Le Parisien.

Vers une grève "dure"?

Les mois à venir s'annonce néanmoins peu réjouissants pour les pilotes qui représentent 25% de la masse salariale d'Air France pour 6% des effectifs. Le 3 mai dernier la direction d'Air France a décidé d'imposer une baisse de rémunération aux commandants de bord et officiers pilote.

Les mesures prévues consistent en une diminution de la majoration des heures de nuit, qui passerait ainsi de 50% à 40%, un calcul moins favorable pour les activités au sol et une durée de préparation au sol réduite de moitié pour les instructeurs. Des efforts chiffrés entre 20 et 30 millions d'euros par la direction. Et qui se traduiraient par des milliers d'euros de moins sur la fiche de paie des pilotes. Pour protester contre ces mesures, le SNPL songe à lancer un mouvement de grève de six jours pour juin.

Le syndicat a, en effet, lancé jeudi dernier un référendum auprès de ses adhérents pour envisager une telle possibilité. Cela ne présage de rien, c'est statutaire", a précisé à l'AFP Emmanuel Mistrali.

"Il s'agit de ne pas se retrouver désarmé", a-t-il ajouté, soulignant que la grève constituait "un ultime recours". Une douzaine de membres du conseil du syndicat sur 87 ont de leur côté plaidé pour le non, considérant "que ce n'était pas le moment" de se lancer dans un conflit dur, à l'approche de l'Euro de foot, et souhaitant "rétablir le dialogue" et changer les équipes de négociateurs, selon Emmanuel Mistrali.

J.M.