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Pourquoi la desserte des aéroports a dopé le trafic des cars Macron

10 % des passagers (soit 170.000 personnes) ont voyagé en autocar de/vers ces aéroports au deuxième trimestre contre 4 %
(environ 50.000 personnes) au premier trimestre 2017.

10 % des passagers (soit 170.000 personnes) ont voyagé en autocar de/vers ces aéroports au deuxième trimestre contre 4 % (environ 50.000 personnes) au premier trimestre 2017. - Kenzo Tribouillard-AFP

Les autocaristes ont trouvé une nouvelle clientèle sur les liaisons villes-aéroports avec 170.000 passagers au deuxième trimestre contre 50.000 au premier trimestre 2017. En régions notamment, les aéroports sont souvent mal desservis par les transports en commun traditionnels.

Si le trafic trimestriel a augmenté de 22% pour les cars "Macron" au deuxième trimestre 2017, c'est notamment grâce à la desserte des aéroports. Selon les données publiées par l'Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer), le développement récent de lignes vers les aéroports a contribué à alimenter cette progression du trafic. "Huit aéroports sont ainsi desservis par des autocars", note le régulateur.

En effet, 10% des passagers (170.000 personnes) ont voyagé en autocar de et vers ces aéroports au deuxième trimestre contre 4% (environ 50.000 passagers) au premier trimestre 2017. Au deuxième trimestre 2017, huit aéroports étaient donc desservis, et ils étaient reliés à 66 villes françaises.

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- © Bilan du 2ème trimestre 2017. Arafer.

La commodité de la desserte des aéroports, mal servis en régions par les transports classiques (bus, train) dès que l'on n'habite pas à proximité, ajoutée au coût élevé des parkings sur les sites aéroportuaires, peuvent expliquer cet afflux de voyageurs sur les cars Macron.

Symbole de cet essor, la liaison entre l’aéroport de Lyon et Grenoble, desservie par un seul opérateur (Ouibus) a ainsi fait directement son entrée à la deuxième place des liaisons les plus fréquentées, derrière Paris-Lille (90.000 passagers), et devant Paris-Lyon (76.000 passagers).

L’aéroport de Lyon se distingue par une fréquence de desserte plus de deux fois supérieure aux autres aéroports, soit neuf trajets quotidiens en moyenne sur chacune des liaisons desservant cet aéroport. Cette fréquence s'explique par les lignes "navettes" (ayant pour origine ou terminus de ligne l'aéroport), dont la fréquence est plus importante que celle des lignes longue distance.

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- © Bilan du 2e trimestre 2017. Arafer.

"Cette liaison routière librement organisée, qui existait auparavant dans le cadre d’un service public, constitue une solution de transport collectif à laquelle la demande a adhéré, malgré une tarification kilométrique supérieure à la moyenne, entre 15 et 20 euros pour un trajet de 90 km" commente l'Arafer, alors que le tarif aux 100 kilomètres hors desserte des aéroports est inférieur à 6 euros pour les dix liaisons les plus fréquentées au deuxième trimestre 2017.

Cette perspective de marge bénéficiaire supérieure explique la ruée des autocaristes sur ces liaisons. Les aéroports Paris Charles-de-Gaulle, Paris Orly et Nice-Côte d’Azur sont desservis par trois opérateurs, Lyon Saint-Exupéry est desservi par deux opérateurs, tandis que quatre aéroports sont desservis par un seul opérateur.

1,65 million de passagers transportés en un trimestre

L'ensemble des lignes d'autocars longue distance libéralisées en 2015 ont transporté 1,65 million de passagers d'avril à juin 2017, soit une hausse de 10% sur un an et de 22% par rapport au premier trimestre, selon l'Arafer. Au deuxième trimestre, ils percevaient en moyenne 4,80 euros par passager pour 100 km, 31% de plus qu'un an auparavant, soit le plus haut niveau atteint jusqu'à présent, selon l'Arafer.

Le chiffre d’affaires des autocaristes sur le deuxième trimestre 2017 a atteint près de 26 millions d’euros hors taxes, soit une recette moyenne par trajet en hausse de 1,8 euro (15,5 euros hors taxes par trajet contre 13,8 euros le trimestre précédent), pour une distance moyenne inchangée (322 km en moyenne sur les deux trimestres). En conséquence, la recette kilométrique moyenne par passager passe d’environ 4,3 à 4,8 euros HT pour 100 kilomètres, soit une hausse de près 13% par rapport au trimestre précédent et de 31% comparé au deuxième trimestre 2016.

La filiale de la SNCF, Ouibus, est en tête en nombre de départs quotidiens (373), devant le transporteur allemand Flixbus (204) et la filiale de Transdev Isilines (101). Au total, au deuxième trimestre, 230 villes françaises étaient desservies par des lignes d'autocars, soit 26 de plus qu'au premier trimestre. Le secteur employait 2166 équivalents temps plein, selon l'Arafer.

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco